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02.07.2008
BAUMEL III - 4
4 - Sous Mitterrand II
Dixième mandat de député
Le président Mitterrand charge Michel Rocard de constituer un nouveau gouvernement, puis il dissout l’Assemblée qui n’aura vécu que deux ans.
Les élections législatives auront lieu les 5 et 12 juin.
Les députés seront élus au scrutin majoritaire à deux tours, l’une des toutes premières tâches de Pasqua, ministre de l’intérieur, ayant été de supprimer la proportionnelle. 1
La campagne sera courte. Jacques Baumel va la mener tambour battant dans sa circonscription retrouvée, ce qui lui sera d’autant plus facile que sa commune en demeure l’élément principal.
Dans son éditorial de la revue Rueil Informations du mois de février, il déclarait :
“ Dans quelques semaines, les Français vont avoir à élire leur Président de la République (...) Bien entendu, n’attendez pas de moi d’utiliser ce Bulletin Municipal pour soutenir un candidat contre d’autres.
On connaît mes idées mais j’ai le devoir comme maire de faire respecter les opinions de chacun.
Je souhaite que la campagne à Rueil reste digne et correcte.”
Mais, quoi qu’il advienne, pensons à l’avenir.
Pensons aux législatives proches, sans oublier les municipales qui auront lieu dans moins d’un an.
Dans le même numéro, page suivante, Jean-Claude Caron, maire adjoint pour les finances, présente “Un budget exemplaire”.
Page suivante, Jacques Gautier, maire adjoint, Syndic du conseil municipal, traite de la “Sécurité”. Il rappelle qu’à la demande de Jacques Baumel, Charles Pasqua a fait le nécessaire pour que dix appelés du service militaire soient affectés au commissariat de Rueil. Par ailleurs, “en 1987, les policiers municipaux ont effectué 130 000 km de patrouilles (...) et procédé à 246 interpellations...”
Et page 35, on apprend que grâce à la Bourse pour l’Emploi, créée par la mairie, 276 Rueillois ont trouvé du travail en 1987.
Dans le numéro suivant de Rueil Informations, on peut lire :
“ Les Français viennent d’élire leur Président de la République (...) Bien entendu, notre Bulletin municipal n’est pas le lieu où doivent être discutés les problèmes politiques nationaux...”
L’essentiel de cette publication du mois de mai est en effet consacré à “un plan de solidarité humaine pour un nouveau partenariat social à Rueil-Malmaison”. Utile publication. Et merveilleuse conséquence du scrutin majoritaire de circonscription, ceux qui vont voter pour Jacques Baumel, candidat au Palais Bourbon, sont (pour le plus grand nombre d’entre eux) ceux qui lui doivent reconnaissance pour l’exemplarité du budget de leur commune, de même que pour la sécurité qu’il leur assure, les emplois qu’il leur propose et la solidarité dont il les entoure.
Aux élections législatives de 1981, comme en 1978, le suppléant de Jacques Baumel était Patrick Ollier. Ce brillant jeune homme, formé naguère dans le cabinet ministériel de Baumel, était considéré comme le dauphin du député-maire de Rueil Malmaison. Mais en 1988, le président du RPR en personne, Jacques Chirac, lui demande de se lancer à la conquête d’une circonscription des Hautes-Alpes tenue par la gauche.
Patrick Ollier obtempère, avec d’autant plus d’enthousiasme que Jacques Baumel, qui a fêté ses 70 ans le jour des Présidentielles, fait preuve d’une santé propre à décourager ses héritiers.
Jacques Gautier remplace Patrick Ollier.
Jeune (41 ans), il est conseiller municipal de la ville depuis 1977, maire-adjoint depuis 1983. Ce sera lui le nouveau dauphin, quelques signes ne trompent pas : sa photographie revient souvent dans le bulletin municipal, et le maire lui a remis, au début de l’année, les insignes de l’Ordre National du Mérite.
Ce nouveau suppléant du député sortant ne déroute pas les électeurs du 2 juin 1988. Au nom de l’URC (Union du Rassemblement et du Centre), Jacques Baumel est réélu avec éclat, dès le premier tour, avec 59,38 % des suffrages.
Les représentants de la gauche, qui n’ont pas réussi à s’unir, échouent avec 27,27% des voix pour Annie Lachter-Pachter (PS) et 4,66% pour Raymond Pacouret (PCF) 2.
Mais le résultat de la 7ème circonscription des Hauts-de-Seine ne reflète nullement le bilan de la consultation dans l’ensemble de la France. En effet, à l’issue du second tour, l’UDF a perdu 2 sièges et le RPR 25. La gauche a gagné, mais sa victoire est loin d’être écrasante. Le PS et ses alliés comptent 276 élus contre 272 à la droite. Le PC n’a plus que 27 députés.
Voilà qui promet de belles batailles à l’Assemblée.
Jacques Baumel est prêt à y participer.
“ Le mot du Maire ” dans Rueil Informations de Juin en témoigne.
“ Chacun comprendra que je commence par remercier les très nombreux Rueillois et Rueilloises qui m’ont renouvelé leur confiance en me réélisant très brillamment dès le premier tour avec deux fois plus de voix que le socialiste.
En m’assurant une telle avance, il ne fait aucun doute que les Rueillois ont voulu me remercier de mon travail persévérant au service de tous. C’est l’élu local, efficace et accessible, toujours sur le terrain, ouvert aux problèmes de la vie quotidienne, que l’on a voulu récompenser. Merci (...)
Demain comme hier, je serai à vos côtés, toujours prêt à vous aider, à la disposition de tous.
Les résultats obtenus dès le premier tour des législatives m’encouragent à redemander votre confiance aux prochaines élections municipales. ”
Député, maire, même combat. Demain comme hier.
Jacques Gautier, le nouveau dauphin, va devoir se montrer patient.
Quatrième mandat de maire
On vote... On vote... En guère plus d’un an, de mai 1988 à Juin 1989, les Français sont appelés six fois aux urnes.
Les 25 septembre et 2 octobre, c’est pour élire les conseillers généraux. En raison de la loi sur le non-cumul des mandats 3, Jacques Baumel a dû renoncer définitivement à l’Assemblée départementale. Mais à qui accordera-t-il son soutien pour le remplacer ? Son choix porte sur Jacques Gautier et personne ne s’en étonne.
Le 2 octobre 1988, Jacques Gautier devient Conseiller Général du Canton “Garches - Rueil Sud ”. Mais cette élection, discrète, est moins remarquée et moins commentée que celle qui à lieu, dans les jours qui suivent, du Président du Conseil général.
Coucou, le revoilà!
Charles Pasqua est élu au fauteuil convoité de Nanterre.
Le président du groupe RPR du Sénat, qui s’est beaucoup investi dans la campagne présidentielle, a été particulièrement affecté par la défaite de Chirac
Provisoirement las de la politique politicienne, il veut maintenant devenir un notable mieux installé, plus important. Rien du message de Gaston Defferre, annonçant en 1982 la décentralisation, ne lui a échappé, et comme son influence auprès de ses pairs reste grande, il obtient ce qu’il souhaitait : il lui appartiendra de “préparer et d’exécuter les délibérations du Conseil Général”, il détiendra le pouvoir exécutif à la tête de l’un des départements les plus riches de France.
Cette nouvelle réjouit fort son ami Jacques Baumel.
Aussi, le 6 janvier 1989, à l’occasion d’une remise de médailles, Monsieur le Maire décore Charles Pasqua de “l’aigle de Rueil”.
De fait, cette distribution de médailles marque le début de la campagne pour les élections municipales, qui auront lieu les 12 et 19 mars.
Pour Jacques Baumel, comme pour tous ses compagnons du RPR, il s’agit de réapprendre aux électeurs le chemin des urnes. Car depuis les cantonales, un référendum leur a été proposé par le gouvernement de Rocard,pour rétablir l’ordre républicain en Nouvelle Calédonie, et le RPR a recommandé la non-participation.
Finalement, le “oui” attendu par les organisateurs du scrutin l’a emporté, avec 80% des suffrages, mais il y a eu 60% d’abstentions.
Le personnel politique attend un peu plus d’enthousiasme de la prochaine consultation.
“La ville de Rueil est-elle bien gérée ?”
Cette question que se pose Jacques Baumel figure en titre, en première page de Rueil informations, dans le dernier numéro avant les élections municipales.
“ Ceci intéresse tous les contribuables de Rueil.
Les Rueillois, dans leur ensemble (dit M. le Maire) sont satisfaits des services de la Mairie et de la politique humaine et sociale du Conseil Municipal. (Cela va de soi, mais...)
Certains se demandent si cela ne leur coûte pas trop cher et si la commune est bien gérée.
A cette importante question, il faut apporter des réponses précises et des arguments sérieux.
Voici le dossier qui a été établi à l’intention des contribuables de Rueil. ”
Qui pourrait croire que ces réponses et arguments ne sont pas extrêmement positifs ?
L’éditorial se termine par un encadré intitulé : “Les “Amis de J.B.” à l’écoute des autres”. Les membres de cette association (Les Amis de Jacques Baumel), “qui viennent de fêter leur 400e adhérent, ont décidé d’apporter un peu de chaleur humaine et d’assistance aux Rueillois qui éprouvent de grandes difficultés à se déplacer. (Les mauvais esprits diront que c’est pour les accompagner aux urnes) (...) Ils visiteront également les malades de l’hôpital Stell qui souffrent de la solitude.”
Les deux pages suivantes du bulletin sont consacrées à “Ce qui va se passer à Rueil en 1989” : c’est un catalogue de quinze promesses qui constituent le programme de la liste que conduira le maire sortant.
Puis viennent deux pages titrées “Vérités bonnes à dire”, sous-titrées : “Vrai ou Faux ?”
Deux seulement des propositions qui sont faites appellent une réponse affirmative : oui, la mairie va agrandir la bibliothèque municipale, oui, elle va construire une salle des fêtes digne de la ville.
Aux huit autres affirmations, du genre “Le Maire est un bétonneur, il laisse trop les promoteurs construire n’importe où” (argument des adversaires politiques de Jacques Baumel), que répondre, sinon faux, “archifaux”.
Une page de ce bulletin est plus directement consacrée à la campagne. Elle présente deux personnages, illustres à des titres différents, et qui vont épauler le maire en quête d’un quatrième mandat.
L’un s’appelle Charles de Gaulle. Quel plus beau nom Jacques Baumel pourrait-il inscrire à la suite du sien sur la liste qu’il soumettra à ses électeurs?
“ Je connais Jacques Baumel depuis toujours, déclare ce candidat inattendu, et j’ai suivi avec attention la dynamique qu’il a su insuffler à Rueil depuis dix huit ans. ”
Âgé de 40 ans, ce petit-fils du Général n’appartient à aucun parti, et s’il “commence à faire de la politique sur le tard”, c’est pour se consacrer “au développement de l’emploi-formation”.
L’autre personnalité nouvelle illumine la page de son merveilleux sourire . “ J’ai quitté Armentières à 14 ans, dit-elle, je n’ai jamais vraiment vécu à Paris et dans mon cœur je suis très profondément Rueilloise. J’y vis depuis quarante ans! (...) Jacques Baumel voudrait que je m’associe au développement culturel de notre ville(...) Et c’est avec une grande joie que je me ferai l’ambassadrice de notre ville!”.
Chacun l’a reconnue, c’est une adorable comédienne qui s’exprime ainsi, c’est Line Renaud bien sûr.
L’éclat de ces deux noms fait un peu oublier la disparition des dauphins si prometteurs, non seulement celle de Patrick Ollier, qui poursuit sa carrière dans les Hautes-Alpes, mais aussi celle de Jacques Gautier, déjà conseiller général du Canton de Garches-Rueil Sud , maintenant candidat à la mairie de Garches.
(Mieux vaut être maire d’une ville de moins de 30 000 habitants qu’adjoint au maire (indéracinable) d’une ville de plus de 60 000, dit le proverbe qu’il s’est forgé.)
Un groupe solide de sortants n’en constitue pas moins la base d’une liste qui mérite une fois encore son nom : “Union pour Rueil”. Dans l’éditorial de sa revue, Rueil-Réalités, le président du PR local, André Cros, déclare, à quatre mois des élections : “la Majorité Municipale, dont nous faisons partie François Leclec’h et moi depuis le départ, il y a maintenant 18 ans, a bien travaillé pour assurer, dans tous les domaines, le développement harmonieux de Rueil et de ses habitants (...) ce travail a pu être accompli parce qu’il a été réalisé par une équipe d’Union...”
Mais attention ! “ Comprenez, vous les Responsables de mouvements politiques dans notre Ville, même si cela doit vous heurter, qu’au niveau de l’action locale d’un élu, nous lui demanderons compétence, motivation, modestie et disponibilité et non uniquement d’être le militant d’un parti .”
Et de conclure sur ce vœu : “ La Majorité Municipale ... devra constituer une équipe unie, soudée dans sa diversité .”
Ce sont là des suggestions en forme d’hommage que Jacques Baumel reçoit toujours parfaitement. La liste qu’il propose à ses électeurs est un modèle de dosages et la place que chacun y occupe le résultat de mûres cogitations.
Un éclatant succès couronne ces efforts.
La liste Union pour Rueil gagne avec 59,26% des voix, ce qui lui donne 40 sièges sur 49. 4
Au cours de la séance du conseil municipal du 17 mars, Jacques Baumel est réélu maire. Suit l’élection sans grande surprise de ses quatorze adjoints.
Marcel Noutary, vice-président du Conseil général, (et déjà maire-adjoint du temps de Marcel Pourtout) est premier adjoint. Mais Charles de Gaulle n’a glissé que d’un cran par rapport à la liste électorale; il prend rang “d’Adjoint spécial”, car il est délicat de placer un numéro d’ordre devant un nom aussi prestigieux que le sien. Le 3e adjoint est Jean-Claude Caron, qui a la haute main sur les Finances et le Budget. Viennent ensuite, pour que l’équipe soit “soudée dans sa diversité”, François Leclec’h et André Cros, mais entre eux se glissent Francine Roussel, nouvelle venue, militante du RPR, et le brillant Thierry Saussez, Conseil en Communication comme l’on sait. Parmi les 7 suivants, qui sont, dans les nuances qui les différencient, à l’image des 7 premiers, on ne retrouve pas Line Renaud, qui occupait la dixième place sur la liste, mais elle figure parmi les 18 “conseillers délégués”, avec le titre de “déléguée aux relations internationales”.
Une seule ombre, légère, au tableau de ces élections municipales de 1989, le nombre des votants : 64,89% du nombre des inscrits. ( En 1983 : 75,83% ).
En vérité, au moment où se préparent les fêtes pour le 200ème anniversaire de la Révolution, les Français sont un peu las de voter.
Aux élections européennes du mois de juin, ils ne seront que 48,81% ( contre 56,73% en 1984 ).
Rueil 2000 : départ en fanfare et panne
Bref rappel :
En 1985, la menace du transfert à Guyancourt des activités de la Régie Renault conduit Jacques Baumel à envisager l’ouverture d’un quartier d’affaires au nord de la commune.
En 1987, le projet Rueil 2000 voit le jour, un projet grandiose, celui d’une véritable ville nouvelle, avec ses 130 000 m2 de bureaux, ses 1300 logements, ses 12 000 m2 de commerces, ses deux hôtels et sa zone artisanale.
Cette même année, dans le bulletin municipal de décembre, le maire annonce une “bonne nouvelle“ : la Régie Renault restera à Rueil grâce à l’action de la municipalité. “J’en ai reçu l’assurance de la bouche même de son Président Directeur général M. Lévy ”, précise Jacques Baumel.
Le projet Rueil 2000 n’en est pas moins lancé.
L’année suivante commencent les démarches destinées à libérer le site, qui s’étend, sur 23 ha, entre la gare du RER et les berges de Seine. C’est une zone “méconnue, dégradée, avec peu d’habitations, quelques usines, beaucoup de terrains en friche”, selon Maurice Prudhomme, maire-adjoint chargé de l’Urbanisme.
La municipalité persévère donc dans la mise en œuvre de son projet, et peut s’en féliciter à juste titre, car le 13 octobre 1989, le Conseil municipal se voit à nouveau contraint de constituer un groupe “chargé d’étudier les implications du départ de la Régie.”
Cette épée de Damoclès restera longtemps suspendue au-dessus du budget de la commune. “Le départ de la Régie Renault dans trois ou quatre ans fera un grand trou dans nos recettes, déclare le Maire en 1990, au mois de février (...) Heureusement que votre Municipalité prévoyante a lancé il y a quatre ans le grand projet de Rueil 2000 qui compensera en partie (son) départ.” Au mois d’octobre de la même année, il note une fois de plus que les Rueillois sont “menacés de perdre Renault”. Et au mois de février de l’année suivante, en 1991, Maurice Prudhomme parle toujours du “départ de la Régie Renault”. 5
En vérité, à cette date, les travaux à Rueil 2000 sont très avancés, bien que leur déroulement ait rencontré des difficultés.
Dès 1988, le premier chantier, le plus remarquable, le plus ambitieux, a été ouvert. Il s’agit d’un pont bâti, jeté au-dessus de la RN 186, pour unir la ville existante à celle qui s’élèvera sur “des terrains mal utilisés, à la périphérie de la ville”. Ce pont, “unique en Europe”, cet ouvrage “pharaonesque”, d’un poids de 600 000 tonnes, élevé à 9 mètres au-dessus du sol, mesurera 60m sur 85m. Au milieu s’étendra une place de 55m sur 55m, comparable à la place des Victoires, à Paris, qui a une superficie de 3000 m2.
Les immeubles de 6 étages qui la borderont seront occupés par des bureaux, les rez-de-chaussée étant réservés à des commerces sous arcades.
France-Soir, du 5 novembre 1988, parle d’une “opération d’urbanisme sans précédent.”
Un an plus tard, M. Prudhomme déclare : “ Nous sommes aujourd’hui à un tournant. Les acquisitions foncières sont terminées, les travaux d’infrastructure primaires aussi (...) ainsi que le pont qui doit devenir le premier pont bâti de France. ”
Dans une interview donnée au Figaro (Figaroscope, du 23 janvier 1990) Jacques Baumel précise : “ Nous ne créons pas “La Défense bis” mais un quartier moderne d’affaires à la manière de Tokyo, New-York, des grandes métropoles... Un quartier d’affaires, c’est d’abord un équilibre entre des bureaux et des logements. C’est dans cet équilibre rigoureux que réside le secret de Rueil 2000. ”
Un équilibre qui ne fait pas l’unanimité. En effet, des associations locales, Belle-Rive-Malmaison et Rueil-Démocratie, combattent le projet. A l’occasion des enquêtes publiques, elles s’efforcent de le faire modifier, et, faute d’y parvenir, elle déposent des recours devant le Tribunal Administratif de Paris.
En avril 1990, la décision du Tribunal oblige la Municipalité à revoir le projet de ZAC 2000, le Plan d’Aménagement de Zone et les permis de construire.
Au conseil municipal, l’opposition demande que le projet soit entièrement remanié. Elle rappelle qu’elle s’est toujours élevée contre sa mise en œuvre, avec d’autant plus de vigueur que d’autres opérations doivent compléter l’aménagement des 50 ha de ce site, à savoir : la ZAC des Deux Gares, 40 000 m2 de bureaux et 600 m2 de commerce, la ZAC du parc Sainte-Geneviève, 37 000 m2 de bureaux, sans parler de la construction des sièges sociaux d’ESSO et de SHELL Cette véritable ville nouvelle rendra la circulation impossible et la municipalité sera contrainte d’accepter ce qu’elle a toujours refusé, la transformation de la RN 186 en tronçon de l’Autoroute A86.
La majorité répond que le Tribunal, dans ses attendus, ne condamne pas le projet mais conteste un élément du dossier : une faute a été commise par un commissaire enquêteur désigné, non par la Mairie, mais par l’État. Il s’agit d’un simple vice de forme, en conséquence de quoi, dans sa séance du 25 juin, le Conseil Municipal décide de reprendre la procédure administrative mais “pour relancer exactement le même projet”.
Les chantiers sont arrêtés au mois de juillet. En octobre, une nouvelle enquête publique commence. Elle tient compte d’une “directive” du Premier Ministre, Michel Rocard, chiffrant ce que doit être “l’équilibre” cher à Jacques Baumel : 2 m2 de logement pour 1 m2 de bureaux. “On en est loin à Rueil 2000 !” clament les associations et les représentants de l’opposition.
En janvier 1991, le Maire signe de nouveaux permis de construire que les opposants attaquent derechef devant le Tribunal.
L’immense chantier est maintenant en panne depuis six mois. Pour qu’il redémarre, la Municipalité négocie un compromis avec les associations Belle-rive-Malmaison et Rueil-Démocratie, en échange de l’abandon des poursuites en justice.
Finalement, elle accepte de remplacer dans la ZAC Rueil 2000, 20 000 m2 de bureaux par 20 000 m2 de logements, dans la ZAC des Deux Gares, 10 000 m2 de bureaux par au moins 5 000 m2 de logements, de participer financièrement à la couverture de la RN 186 élargie, d’indemniser mieux les expropriés et de rembourser aux Associations le coût de leurs actions en justice.
Pour conclure, les représentants de la majorité et ceux de l’opposition tombent d’accord sur un point, le contribuable paiera :
“Dans cette affaire, notent les premiers, il est bien triste de constater que quelques erreurs sur la forme, relayées par des représentants de l’opposition municipale, coûteront beaucoup d’argent à la commune, donc aux Rueillois 6 . “
Réplique de leurs adversaires ( les socialistes ) : “ Ils regrettent (...) que l’obstination de la majorité municipale n’ait pas permis d’aboutir, plus tôt, à une solution. Un temps précieux perdu qui aura coûté cher aux finances municipales 7. “
Laissons à “Dites-nous, Monsieur le Maire” (Rueil-informations, avril 1991) le dernier mot : “Tout le monde a compris que la poursuite de la longue bataille qui paralysait ce projet était finalement préjudiciable à tous les Rueillois. Un heureux “accord de conciliation” qui fera date dans le domaine juridique est intervenu (...) Une convention sera signée avec l’État. En principe, la voie est donc libre maintenant.”
Convention signée le 24 mai par le Maire et le Préfet.
Et les travaux redémarrent.
Des cantonales animées
“Attention aux élections du 22 mars! “ Dans son Bulletin de février, la municipalité accorde une large place à ces élections, cantonales et régionales, qui auront lieu le 22 mars 1992.
Pour ce qui est des premières, qui suscitent le plus grand intérêt, elles concernent le canton Nord, qui “regroupe deux tiers de la population de Rueil sur environ la moitié du territoire de la commune. ”
Le conseiller sortant, Marcel Noutary, ne se représentant pas, Jean-Claude Caron et André Cros, l’un et l’autre maires-adjoints, se déclarent, longtemps à l’avance, candidats à sa succession.
André Cros, 7e adjoint chargé du “Développement économique”, Président du PR de Rueil, Directeur de la publication Rueil-Réalités (PR-UDF) souhaite remplacer son “ami Noutary” qui appartient à l’UDF. Dans ce but, il est prêt à combattre ce qu’il considère comme l’hégémonie du RPR.
Jean-Claude Caron, “non-inscrit”, met en avant ses qualités de gestionnaire. “J’ai l’impression, dit-il au Courrier des Hauts-de-Seine du 17 octobre 1991, que ce qui compte le plus pour les gens, plus que les investitures et les décisions des comités fédéraux, c’est de savoir qui est capable, qui pourra défendre un dossier. D’autant que les enjeux sont fabuleux : pensez que Marcel Noutary et Jacques Gautier (conseiller général RPR du canton Sud ) ont, en l’espace de trois ans, tiré 100 millions de subventions.”
En vérité, quel autre “non-inscrit” aurait autant de chances que lui de remporter cette élection ?
De fait, le comité RPR de la 7e circonscription de Rueil, Garches et Saint-Cloud, dont Francine Roussel est la secrétaire générale, a décidé de ne pas présenter de candidat RPR sur le canton de Rueil Nord “mais d’apporter un soutien officiel et actif à Jean-Claude Caron.” Une décision qui satisfait pleinement le sortant, qui a lui-même demandé à ce “non-inscrit” de lui succéder.
Marcel Noutary n’en reste pas moins attaché à l’UDF, mais, dit-il, “on ne peut décemment, à partir du moment où je me retire, proclamer urbi et orbi que ce siège appartient de droit à l’UDF . D’autres formations m’ont d’ailleurs toujours soutenu”.
La tension augmente lorsque Thierry Saussez, 6e adjoint, en charge de “la Communication et l’Avenir (jeunesse, informations, concertation, nouvelles technologies)” se porte également candidat. Il espère obtenir, au plus haut niveau, à Paris, l’investiture du RPR. Avec l’accord de Jacques Baumel, il organise à Rueil un grand débat portant sur la formation, auquel participe Édouard Balladur. Mais la section locale du RPR fait tout ce qu’elle peut pour que la visite de l’ancien ministre des finances, membre éminent du mouvement gaulliste, soit un fiasco. Thierry Saussez s’en indigne! Malheureusement pour lui, les difficultés qu’il rencontre peu après, dans un procès concernant une affaire financière, l’obligent à baisser le ton, puis à se retirer.
“Je n’alimenterai ni la polémique ni la désunion, fait-il savoir dans sa publication Rueil A Venir. C’est de rassemblement dont Rueil a besoin.”
Restent deux postulants qui ne l’entendent pas de cette oreille.
“ Comme maire de la ville, déclare Jacques Baumel dès le mois de janvier, je regrette cette situation (...) En ma qualité de leader incontesté de l’union depuis bien des années à Rueil, estimant à leur valeur ces adjoints qui sont aussi des amis loyaux, je ne m’abaisserai pas à de vaines polémiques (...) Je porte en grande estime les deux candidats mais je ne peux cacher mon opinion personnelle... Tout bien pesé et après mûre réflexion, je pense que Jean-Claude Caron, qui a été un excellent secrétaire général de la ville, qui est responsable de notre budget (...) sera le meilleur défenseur de notre ville au département . ”
Fin de l’agitation?
Non, tant s’en faut!
André Cros proteste avec véhémence, disant que la candidature de Jean-Claude Caron, non-inscrit, “n’est plus apolitique”, et “se réservant le droit d’en tirer les conséquences ultérieurement”.
Mais la vague qui porte son adversaire ne cesse de se renforcer. Charles Pasqua, président du Conseil général, vient en personne à Rueil pour le soutenir. Le député-maire de Serre-Chevalier, dans les Hautes-Alpes, fait même le déplacement pour lui apporter son appui. (Il s’agit, on le devine, de Patrick Ollier, ancien maire-adjoint et ”dauphin” de Jacques Baumel”, qui a gardé un pied à terre à Rueil.)
Le 22 mars, au premier tour, Jean-Claude Caron arrive largement en tête avec 42,29% des voix, devant Denis Plain (Verts) 14,64%. André Cros vient après. 8
Pour le second tour, Denis Plain, seul en lice face à Jean-Claude Caron, mène une belle bataille.
Candidat des Associations, il attribue à son adversaire la responsabilité de toutes les opérations immobilières qu’il critique.
“Des actes pas des ZAC”, c’est son slogan. Il condamne aussi “l’hyperhégémonie du RPR sur Rueil”, et promet de secouer “les béni-oui-oui” du Conseil général s’il est élu.
Le 29 mars, Denis Plain recueille 39,75% des voix.
Jean-Claude Caron est confortablement élu avec 60,25% des suffrages.
Quant au souvenir des querelles, il ne s’inscrit que dans le nombre des abstentions (nombre de votants au premier tour : 69,9%, au deuxième : 57,99%).
Jacques Baumel peut se féliciter de ces résultats, car non seulement “son” candidat l’emporte, mais entre les deux tours, André Cros rentre dans le rang et déclare : “J’indique bien évidemment que je voterai Jean-Claude Caron (...) Je me mets (...) dès maintenant à sa disposition pour participer activement à sa campagne.”
Autre motif de satisfaction : les résultats des régionales, qui sanctionnent le gouvernement.
Pour l’ensemble de la métropole, l’UPF 9 obtient 33% des voix, loin devant le PS, second avec 18,3%.
La victoire est encore plus belle dans les Hauts-de-Seine :
UPF 40,95% , PS 13,53% (devancé par le FN 13,91%).
Voilà qui est de bon augure pour les législatives de 1993.
Mais si l’on parlait d’autre chose que d’élections ?
Ce n’est pas toujours facile lorsqu’on s’intéresse à un homme politique de la Ve République.
L’autoroute A86
Que d’encre elle a fait couler, que de déclarations solennelles, que d’engagements unilatéraux, que de querelles clochemerlesques elle a suscités, à Rueil-Malmaison surtout, cette rocade périphérique tracée à travers les banlieues, à 15 kilomètres à l’extérieur de Paris !
En 1992, au cours d’une séance extraordinaire du Conseil municipal, réuni pour rejeter un nouveau projet de bouclage de cette voie, Jacques Baumel parle d’un “combat de vingt ans”.
En vérité, le combat qu’il mène contre cette réalisation est même plus ancien. “ L’A86, dit-il ailleurs, c’est le vieux monstre du Loch Ness de la région ouest. Je rappelle que lorsque je suis arrivé à Rueil en 1967 (député de la 8e circonscription), (...) j’ai réussi à faire supprimer le projet de l’A87. Ensuite, je me suis occupé de l’A86 10 .”
Cette bataille a connu tant d’épisodes et d’événements que nous ne ferons qu’évoquer les premiers.
En 1971, “le Maire (élu cette année-là) confirme son opposition aux tracés des voies dites A86 et A87” et le Conseil municipal décide “de s’opposer d’une façon formelle aux tracés et aux emprises retenues pour les autoroutes A86 et A87 dans la traversée de Rueil-Malmaison” (Séance du 28 octobre)
Le 24 juillet 1974, le Conseil municipal unanime “réclame une nouvelle fois la remise à l’étude du projet de bouclage de l’A86, estime que d’autres tracés seraient de nature à résoudre les problèmes de circulation, (et) confirme le désir de participer sans retard à l’élaboration d’un contre-projet.”
Les années passent, les élections se succèdent (municipales, cantonales, législatives) : tous les partis s’accordent pour rejeter l’autoroute, c’est à qui le clamera le plus fort, chacun d’ailleurs soupçonnant l’autre de duplicité.
Mais peu à peu la menace se précise, la voie nouvelle progresse de plus en plus, à travers la Seine-St-Denis, en direction des Hauts-de-Seine.
Au mois d’octobre 1988, à la question : ”Des travaux pour la A86 vont commencer bientôt (à Rueil). Vrai ou faux?” Jacques Baumel répond : “ C’est faux. Aucune décision n‘a été prise. Même le choix d’un tracé n’a pas été fait. ”
Mais il ajoute : “ En revanche il existe bien un projet de déviation du trafic de la descente de la Jonchère à la gare du RER car la circulation est trop souvent bouchée sur la RN13 et cela va s’aggraver encore . ”
Bien qu’il s’agisse “d’une route et non d’une autoroute”, certains, qui connaissent bien le site, voient dans cette “déviation” l’ébauche d’un tronçon de la voie vouée aux gémonies.
Jacques Baumel s’en défend. Et ne perd aucune occasion de contre-attaquer. Dans sa Lettre d’octobre 1989 (N° 22, informations données par le député à ses électeurs ), il dénonce “les projets “assassins” du gouvernement, au premier rang desquels figurent “un véritable hold-up sur les finances locales” organisé par “le vicieux M. CHARASSE (...) sous prétexte de rééquilibrage entre communes pauvres et riches” mais aussi la présentation “par Michel ROCARD (de) l’autoroute A86 sans aucune consultation avec les maires de l’Ouest parisien”.
Le mois suivant, sous sa casquette de Maire, Jacques Baumel dit apprécier l’intérêt de la “ bretelle” de la RN13 proposée par la Direction Départementale de l’Équipement. Il se félicite d’avoir “déjà obtenu que la partie proche de la gare soit souterraine” et annonce qu’il a “demandé officiellement la couverture totale de la déviation”.
Au fil des ans, nous l’avons vu, d’autres projets prennent forme et se réalisent, Rueil 2000 par exemple, avec son “pont bâti” qui enjambe la RN 186.
Au mois de janvier 1992, l’Association Belle-Rive-Malmaison, “quelque peu démobilisée depuis la signature avec la mairie d’une convention sur Rueil 2000” réunit ses “quelque 517 adhérents” derrière Yves Drans (leur président) “pour faire barrage à l’A86.” 11
Au mois de juin, ce sont toutes les “associations de sauvegarde de l’ouest parisien “ qui se rassemblent pour dire “Non au bouclage et à l’échangeur (que ce bouclage implique)”. “ Un non catégorique soutenu d’ailleurs par les 120 000 signatures obtenues depuis le mois de mars pour un refus total au projet 12 .”
Tout cela représente un grand nombre d’électeurs.
Au mois de septembre, alors que le problème du tracé de l’autoroute à travers Rueil n’est pas réglé, c’est le prolongement de ce tronçon qui soulève de nouvelles discussions.
“ Deux tunnels, annonce France-Soir, doivent à partir de Rueil-Malmaison écouler le trafic des voitures vers Pont-Colbert (Versailles) et les poids lourds vers Roquencourt et l’A12. Cette décision estivale du ministère de l’Équipement suscite une vive opposition des élus locaux 13 . ”
A la fin de l’année 1992 ( du 27 octobre au 17 novembre) , une “ exposition sur le projet d’autoroute A86 (est) organisée par les services de l’État ” à Rueil-Malmaison.
A cette occasion, le Maire et les élus municipaux adressent à leurs électeurs un tract précisant leur position:
“Le passage de la A.86 sur le territoire de Rueil-Malmaison ne peut être accepté qu’à la condition que l’ouvrage fasse l’objet d’une couverture intégrale, que les deux tunnels prévus soient réalisés simultanément et que les bords de Seine, les zones d’habitation, les bois de Saint-Cucufa ainsi que les propriétés formant le Domaine Impérial soient protégés contre toutes les formes de nuisances ou d’atteinte à ces sites.”
Il n’est plus question de “faire barrage”, aveuglément.
“Les plus réalistes, note Thierry Saussez, considèrent le bouclage de la A86 à l’ouest comme inéluctable et préfèrent au refus pur et simple la négociation pour améliorer le projet 14.”
Le 11 décembre, à l’Assemblée Nationale, le député Baumel interpelle le gouvernement “ sur (...) les conditions dans lesquelles sont envisagées la réalisation de la déviation de Rueil et le bouclage de la A86 .”
Et comme “le Ministère ne semble pas décidé à modifier son projet”, sur proposition du Maire, le Conseil Municipal de Rueil rappelle “son exigence fondamentale” du passage de “la déviation de Rueil, future A86, en souterrain sur toute sa longueur” et décide “de s’associer au recours des Associations pour obtenir le sursis à exécution des travaux”.
On ose enfin appeler la “déviation” par son nom.
Pour ce qui est du “sursis”, les requérants obtiennent satisfaction : le Conseil régional d’Ile-de-France décide de suspendre pendant un an l’achèvement des travaux.
En 1993, un accord intervient sur le passage en souterrain de la “déviation” de Rueil.
En 1994, le bulletin municipal du mois d’avril rappelle que “Jacques Baumel a obtenu, par étapes 15, la couverture totale de la déviation jusqu’au boulevard Marcel Pourtout” (soit 90%) et annonce une enquête d’utilité publique portant sur la portion restant à protéger.
Mais le bulletin du mois suivant annonce que “le combat continue!”. Sur un autre front. Maintenant, c’est : “Non au péage! “ que le gouvernement envisage d’imposer aux usagers, non aux pollutions et aux “nuisances insupportables” que provoqueraient “huit à dix files de véhicules très près de la petite Malmaison et du Parc du Château”.
“ Après l’enquête d’utilité publique sur la A86 qui s’est terminée le 11 juin et qui a permis à plus de 3000 Rueillois de protester contre la création d’un péage(...) Jacques Baumel(...) a déposé un recours contre la décision du gouvernement...” fait savoir aussitôt Notre Journal. 16
L’année suivante, un tract de la Mairie répond à “un tract mensonger” d’une “Association de riverains de la Jonchère-Malmaison” affirmant que “la couverture de l’autoroute dans notre ville n’est pas obtenue” et que “la A86 va balafrer Rueil à ciel ouvert”.
C’est faux! “Désormais, la A86 passera en souterrain malgré le surcoût considérable des travaux, ce qui donne satisfaction à des milliers de Rueillois” déclare la municipalité, qui doit cependant concéder qu’il “reste un problème à régler : celui des cinq cents derniers mètres et du raccordement de la A86 avec le tunnel...”
“L’union des Rueillois avec leur Mairie” a déjà permis le succès à 95%... La Municipalité est décidée à poursuivre le combat... “
Mais est-ce bien le moment d’en parler?
“Qui aujourd’hui ( en ce printemps de 1995 ) peut prendre une décision dans l’État, alors qu’on ne sait pas qui sera demain le Président de la République, le premier Ministre et le Ministre de l’Équipement ?”
Jacques Chirac succède à François Mitterrand et la fin de l’année est marquée par d’autres problèmes que celui de la couverture de l’A86. Le combat que mènent la municipalité et les associations de défense n’en continue pas moins.
Sans nul doute nécessaire, mais lassant et monotone. C’est pourquoi nous sauterons quelques années... Nous voici en 2003.
Le portrait de Jacques Baumel figure en couverture et à l’intérieur du Magazine d’information de Cofiroute (nom de l’entreprise chargée des travaux) sur les tunnels de l’A86 à l’ouest”.
Cette publication est surtout destinée à présenter “le tunnelier”, une foreuse, une extraordinaire machine, longue de 197 m, pesant 2400 tonnes et d’un diamètre extérieur de 11,56m.
Mais cette revue va aussi “à la rencontre des principaux partenaires locaux de la réalisation de l’A86 ouest”.
“L’A86, c’est 30 ans de ma vie (...) Nous avons bataillé et je pense que finalement nous avons obtenu satisfaction”, explique le maire de Rueil-Malmaison, impatient de voir s’achever “le dernier maillon du bouclage”, à savoir ce tunnel qu’il a visité et qui “est sans conteste pour notre région le plus grand chantier du XXIe siècle”.
Lorsque paraissent ces lignes, en décembre 2003, “le tunnelier doit être démonté, transporté à Pont Colbert (Versailles), puis remonté avant de s’attaquer à la seconde phase du creusement”.
Celle qui marquera la fin de “l’ouvrage du siècle”.
Le “non” à Maastricht
Député-maire, Jacques Baumel n’est pas uniquement préoccupé par l’A86.
Pour ce qui est de sa commune, il doit aussi songer à mettre en œuvre la révision du Plan d’Occupation des Sols rendue nécessaire par l’évolution de la région parisienne. Il doit également se dépenser pour que l’Institut du Pétrole (1600 cadres et employés, 500 stagiaires ) ne quitte pas Rueil pour le Havre.
Au Palais Bourbon, membre de la de la commission de la défense nationale et des forces armées, puis vice-président de cette commission, il participe à tous les combats que son groupe, le RPR, mène contre les gouvernements de Michel Rocard, d’Edith Cresson, de Bérégovoy.
Et bien sûr, en ce début des années 90, il prend part au vaste débat touchant la construction de l’Europe.
Les conditions d’adoption d’un Traité sur l’Union Européenne ont été conclues à Maastricht 17 le 10 décembre 1991, lors du sommet des chefs d’États des Douze. Elles ont été signées par les ministres des Affaires étrangères le 7 février 1992 et approuvées deux mois plus tard, le 7 avril, par le Parlement européen.
Ce traité doit être maintenant ratifié dans les pays membres, soit par voie parlementaire, soit par référendum.
François Mitterrand choisit le référendum et en fixe la date au 20 septembre 1992.
Au parlement, dans la presse, à l’occasion de réunions organisées dans tout le pays, les discussions vont être vives. Grosso modo, on peut dire que le PS, l’UDF et le CDS sont pour le “Oui”. Les Communistes et le Front national sont pour le “Non”. Toutefois, pour ne s’en tenir qu’à ces partis, les choses ne sont pas aussi simples, puisque, par exemple, Philippe de Villiers (UDF) et Jean-Pierre Chevènement (PS) se battent pour le “Non”.
Mais le mouvement qui est alors le plus marqué par les dissensions, c’est le RPR. . Hésitant, il laisse dans un premier temps les membres de son groupe à l’Assemblée libres de leur décision... Une attitude assez peu gaulliste. C’est alors qu’intervient Philippe Séguin. A la tribune du Palais-Bourbon, il se prononce pour le “Non”, et sa prestation, qui fera date dans sa carrière d’orateur, et son argumentaire, vont inciter bon nombre de ses compagnons de parti à le rejoindre dans son combat anti-Maastricht.
Charles Pasqua est l’un des premiers, et non des moindres, à le rejoindre. Le président du Conseil général des Hauts-de-Seine renonce du même coup à son ambition de devenir le président du Sénat (deuxième personnage de l’État) en adoptant une position qui s’oppose à celle des centristes, nombreux dans la Haute Assemblée. Il entraîne à sa suite, dans la bataille en faveur du “Non”, des personnalités qui comptent parmi les plus influentes de “son” département, Jacques Baumel, par exemple, maire de Rueil-Malmaison, Patrick Balkany, maire de Levallois-Peret, et les maires de Suresnes, d’Asnières, de Chatillon. Et comme son audience au sein de la famille gaulliste dépasse largement les frontières des Hauts-de-Seine, il est bientôt rejoint par Robert-André Vivien, Roland Nungesser, Pierre Mazeaud, Robert Galley, Georges Gorce, Maurice Couve de Murville, Yves Guéna, anciens ministres, piliers d’un Mouvement qui trouve son inspiration dans l’œuvre du Général.
Pendant tout l’été 1992, Pasqua et Séguin parcourent la France en préconisant le “non”. Chacun dans sa zone d’influence, des hommes politiques de poids ainsi que bon nombre de notables de moindre envergure les soutiennent, et la campagne se déroulerait sans déchirements si le président du RPR, Jacques Chirac, et ses amis et conseillers les plus écoutés, Édouard Balladur et Alain Juppé, ne s’étaient prononcés pour le “oui”.
Dans sa circonscription, Jacques Baumel se bat courageusement pour la position qu’il a prise “après mûre réflexion”.
“Avec Maastricht, dit-il, les Français seront dépossédés de l’essentiel de leurs pouvoirs démocratiques (...) Peut-on accepter la disparition du franc et la création d’une monnaie unique qui consacrera la domination du mark ? (...) Maastricht est une étape vers l’Europe Fédérale supranationale...”
Il ne craint pas de poser une question douloureuse dans La lettre de Jacques Baumel votre député (N°29, Juin 92) :
“N’est-ce pas préoccupant de voir Jacques Chirac proposer le oui alors que les 80% de son Parti sont pour le non ?”
Il y répond en vieux routier de la politique :
“ C’est bien au contraire un témoignage de démocratie et de respect mutuel entre membres du même mouvement que d’autoriser la liberté de vote pour une affaire nationale de cette importance qui pose un cas de conscience.
Répondre oui ou non à Maastricht sans remettre en question l’unité du mouvement et se préparer à repartir à l’assaut pour les législatives de 1993, dès le lendemain du 20 septembre, est le meilleur camouflet à opposer à François Mitterrand qui a voulu utiliser l’Europe dans un but de politique intérieure pour diviser l’opposition et se maintenir au pouvoir. ”
Mais Jacques Baumel s’est lourdement trompé : 80% du RPR n’étaient pas pour le non, en particulier dans les Hauts-de-Seine. “ Pratiquement toutes les villes du département ont donné la préférence au “oui”, seules celles que dirige le PC ont été, en général, fidèles à la consigne des communistes et de M. Pasqua.
Le “oui” l’emporte largement dans les villes RPR dont les maires appelaient avec force à voter “non... 18 “
Le “oui” à Maastricht obtient 51,04% pour l’ensemble de la France, 56,67% dans les Hauts-de-Seine, et, dans la circonscription du député Jacques Baumel : 56,52% à Rueil-Malmaison, 60,15% à Garches, 66,47% à Saint-Cloud.
Toutefois, ceux qui ont gagné, s’inspirant de la formule du président Mitterrand “Ni vainqueurs ni vaincus”, restent modestes dans la victoire. Nicolas Sarkozy, partisan du oui, et qui l’a emporté à Neuilly dont il est maire sur Charles Pasqua qui a dans cette ville son point d’ancrage, rejoint Alain Juppé dans son analyse des résultats : “Il ne faut pas faire de triomphalisme et tenir compte du fait qu’un électeur sur deux pratiquement a voté “non” (...) La meilleure manière de nous assurer que nous sommes tous décidés à continuer ensemble, c’est de le demander à nos militants (...) Nous allons poser la question de confiance...”
Les lieutenants de Jacques Chirac sont relayés à Rueil par Thierry Saussez :
“Rueil a voté conformément à sa sociologie. Le oui largement majoritaire a été celui d’une ville ouverte, confiante dans son avenir, préférant voir l’Europe comme une chance plus que comme un risque. Le débat a été de qualité, y compris chez ceux qui ont eu raison d’exprimer des craintes ou des oppositions, en tout cas des convictions. C’est bien ainsi que fonctionne une démocratie moderne.”
La chose est entendue, Jacques Baumel a perdu une bataille mais il n’a pas perdu la guerre.
L’âge du capitaine
Le conseil national du RPR qui se réunit au lendemain du référendum se prononce en faveur du maintien de Jacques Chirac à la tête du mouvement.
Foin des querelles! L’Europe, on verra plus tard! Ce qui est urgent, c’est la préparation des élections législatives, qu’il faut à tout prix gagner, et pour cela il faut l’union. L’union au sein du parti, cela va de soi, mais aussi l’union avec la plupart des autres partis de droite, et avec les centristes, sans oublier jamais cette règle fixée en son temps par Charles Pasqua : “L’union, ça veut dire un RPR fort, avec les autres derrière”.
Depuis plus d’un quart de siècle, Jacques Baumel, dans sa circonscription des Hauts-de-Seine, pratique l’art des alliances qui séduisent les électeurs. En ce printemps de 1993, alors qu’il entre dans sa 76ème année, il obtient une fois encore le concours actif d’André Cros et de François Le Clec’h, responsables UDF. Ces deux maires-adjoints de Rueil-Malmaison signent ensemble une Lettre en faveur de l’Union UDF-RPR. Ils annoncent que le Comité de l’UDF des Hauts-de-Seine a désigné 12 candidats communs avec le RPR sur 13 circonscriptions que compte le département.
“ A Rueil, c’est Jacques Baumel, député sortant, candidat commun UDF/RPR, que nous soutiendrons ”, déclarent-ils.
Son suppléant sera Jacques Gautier, RPR : pas d’objection.
Leur choix ne les décevra pas. En effet, les mesures qu’il faut, selon eux, “prendre avec courage”, se retrouvent dans les “cinq chantiers” auxquels Baumel compte se consacrer (chômage, sécurité, logement, environnement, enseignement).
Il n’y a qu’un point de La Lettre : “Renforcer l’Europe”, qui ne figure pas dans la profession de foi du candidat.
Les huit adversaires du député sortant vont à la bataille en débandade, les représentants de la gauche séparément, les écologistes au nombre de deux, auxquels s’ajoutent deux “divers-droite” et le candidat du FN en concurrence avec un autre représentant de l’extrême droite.
Résultat :
Jacques Baumel est élu dès le premier tour, avec 55, 26% des voix .
Madeleine Darbel (PS) arrive loin derrière avec 13,84%.19
Commentaire du Courrier des Hauts-de-Seine, du jeudi 25 mars 1993 : “ Jacques Baumel retrouve son siège à l’Assemblée. C’est net et sans bavures. Pourtant au fil des élections ses scores ne cessent de diminuer. En 1983, il est élu avec 65% des suffrages. En 1988 avec 59,35% des suffrages et dimanche dernier avec 55,26% avec pourtant un nombre d’inscrit quasi identique. ”
Le journaliste du Courrier poursuit avec une citation empruntée au commentateur de Première Heure :
“ L’effritement de son score par rapport au scrutin de 1988 n’est dû qu’à la multitude des candidatures. ”
Mais le journaliste du Courrier ajoute :
“ Au-delà de la multiplicité des candidats certains estiment que Jacques Baumel est son principal adversaire! L’usure du pouvoir et l’âge du capitaine (73 ans). ”
De fait, né le 6 mars 1918, il a 75 ans .
Notre député-maire est-il déçu ? Peut-être un peu, mais à peine, car tout même, ils ne sont, pour 577 sièges à pourvoir, que 80 (dont 42 RPR et 36 UDF) à avoir été élus au premier tour.
Le second tour confirme les indications données par les premiers suffrages et traduites en formules brèves par l’ensemble de la presse : “ Effondrement de la gauche ”, “ A droite toute ”.
Au total, l’opposition obtient 449 sièges, dont 242 pour le RPR, qui sort grand vainqueur de la consultation.
Le président Mitterrand doit en accepter les conséquences. Pour former un nouveau gouvernement, il fait appel à Jacques Chirac, qui se désiste en faveur de son ami Édouard Balladur.
Une deuxième période de cohabitation commence. Elle est placée, du côté de la nouvelle majorité, sous le signe de l’union, chère à Jacques Baumel. C’est ainsi que sur quatre ministres d’État, un seul, Charles Pasqua (Intérieur et Aménagement du territoire) appartient au RPR (encore convient-il de noter qu’il était partisan du non à Maastricht et qu’il n’a jamais porté Balladur dans son cœur). Les trois autres sont Simone Veil (Affaires sociales, Santé, Ville) UDF, Pierre Méhaignerie (Garde des des Sceaux) UDF-CDS, François Léotard (Défense) UDF-PR.
Quelle belle palette ! Dans laquelle il ne manque qu’un gaulliste historique, se dit peut-être Jacques Baumel.
En vérité, l’époque où les barons pouvaient légitimement aspirer aux plus hautes fonctions est révolue. Les doyens du gouvernement, Simone Veil et Charles Pasqua, sont nés en 1927. Balladur a deux ans de moins qu’eux. Place aux jeunes ! Aux moins de cinquante ans ! A Alain Juppé, né en 45 (Affaires étrangères), à François Bayrou, né en 51 (Éducation nationale), à Gérard Longuet, né en 46 (Industrie), à Alain Madelin, né en 46, (Entreprises et développement économique), au petit cadet qui promet, Nicolas Sarkozy, né en 55, 38 ans (Budget, porte-parole du gouvernement) - pour n’en citer que quelques-uns parmi les plus représentatifs.
Quant à Philippe Séguin, né en 43, qui a participé activement à la campagne électorale en se produisant dans une cinquantaine de grandes villes, il devient, à sa demande, et avec l’accord de Jacques Chirac, le quatrième personnage de l’État en tant que président de l’Assemblée nationale.
C’est sous sa houlette que Jacques Baumel va exercer son onzième mandat de député.
Il regagne le Palais-Bourbon plein de bonnes résolutions, parfaitement décidé à montrer qu’il n’est pas celui que Madeleine Darbel, son adversaire PS, a critiqué en ces termes:
“ Au cours des dernières législatives, Jacques Baumel a été l’un des députés champions de l’absentéisme. Pour lui, l’Assemblée Nationale est un lieu si négligeable que le plus souvent d’autres votent à sa place . ”
En vérité, il n’est pas moins décidé à continuer de se consacrer à Rueil. Il a promis à ses électeurs “une décentralisation poussée des quartiers”. Plus que jamais il va travailler à l’équipement et à l’embellissement des “huit villages” qui composent sa ville.
Le Centre Commercial E. Leclerc
Au nord, du côté de “Rueil 2000”, tout va bien : le premier immeuble de logements accueille de nouveaux Rueillois, les premiers logements sociaux seront livrés fin avril.
Les autres “villages” ne sont pas négligés : dans celui qui se nomme “Plateau Mont Valérien”, par exemple, le nouveau marché des Godardes, achevé en 1990, “fait le bonheur des habitants du quartier”.
Mais c’est au sud qu’interviennent maintenant les innovations les plus marquantes, dans le quartier résidentiel de “Buzenval” et dans la quartier voisin, populeux, de “Mazurières-Fouilleuses”.
Comme un pont jeté entre eux, un “Centre Leclerc, réclamé par les ménagères et les familles” offre déjà son hypermarché (5000 m2), sa cafétéria (à toute heure), sa galerie marchande (30 boutiques, une grande agence de voyages) et, particulièrement appréciable dans une ville où les horodateurs ne manquent pas, un parking souterrain gratuit de 750 places.
Les étages supérieurs de cet édifice sont occupés par 67 logements. Un second groupe de 159 logements, séparé du Centre Leclerc par un mail planté, a vu le jour en même temps.
Nombre d’autres travaux ont transformé ces villages.
Le Clos des Terres-Rouges, cité (sensible) du quartier des Mazurières-Fouilleuses, a “fait peau neuve” : immeubles rénovés, environnement extérieur soumis “à des soins intensifs”, école au nom charmant des Buissonnets réhabilitée et richement dotée.
“Cette cité avait besoin d’être modernisée et nettoyée, note le Maire en 1990. Cela va être fait grâce aux importants crédits qui ont été rassemblés pour cela. Il faut espérer que les habitants comprendront l’utilité de ces travaux et s’opposeront au vandalisme de certains.”
Deux ans plus tard, Jeanne-Marie Moisset, Conseillère Municipale du quartier, qui encourage et anime les associations sociales et culturelles des Mazurières où elle habite depuis 25 ans, déclare : “Je me suis attachée à cette population qu’on dit difficile, mais qui, lorsqu’on la connaît bien, lorsqu’on sait dialoguer et écouter, est pleine de ressources. Elle sait apprécier les efforts de la Mairie...”
En 1993, 598 des 900 logements de la cité ont été réhabilités et la troisième tranche de rénovation a commencé.
Du côté de Buzenval, de nouvelles maisons individuelles vont être construites entre la rue des Hibiscus et l’avenue de Fouilleuse, qui viendront s’ajouter aux luxueuses “résidences Bréguet“ du “Domaine de l’Impératrice”, des villas toutes neuves et déjà presque toutes vendues.
Déclaration de M. le Maire avant l’ouverture de ces chantiers :
“ Il faut savoir que la Mairie n’a accepté ce projet, après en avoir refusé deux précédents trop denses et trop “lourds”, que parce qu’il conserve le caractère essentiellement résidentiel de Buzenval. Les tours et les grands immeubles ont été interdits”.
Les aménagements de la voirie ont accompagné les métamorphoses des deux villages et, pour parfaire l’ensemble, un verger sera créé dans le prolongement du mail (6000 m2 d’espaces verts, aire de jeux pour les petits, bassin fontaine et kiosque à musique).
Autre projet : la construction d’une nouvelle école, maternelle et primaire, de 15 classes, avec des locaux destinés à des activités périscolaires. Fait notable : elle sera construite dans le village de Buzenval, et accueillera, entre autres, les élèves de la seconde école du quartier des Mazurières-Fouilleuses, l’école Jean Macé, qui doit être fermée car elle craque dans ses murs trop étroits.
“ Une grande ville est faite de villages où des points d’union, de rencontre, trouvent leur place ” peut-on lire dans Rueil Village (Buzenval) d’octobre 1990.
Le Centre commercial est le premier de ces points.
Le verger, l’école seront les suivants.
“ Si l’on est d’un quartier, on n’en demeure pas moins Rueillois... poursuit le journaliste. Le mail, cette longue allée piétonne plantée d’arbres illustre cette volonté (de faciliter le passage d’un quartier à l’autre). On se retrouvera sur le mail pour aller faire ses courses ensemble au nouveau centre commercial (...) on s’y donnera rendez-vous pour prendre le chemin de l’école ensemble, se rendre dans un club sportif ou pour n’importe quelle occasion.”
Le verger sera aménagé au mois de mai prochain.
Les devis concernant la nouvelle école sont à l’étude.
Toutes ces innovations favoriseront-elles la mixité sociale que souhaite instaurer M. le Maire?
Plus prosaïque, son adjointe Mme Moisset note simplement, en ce début d’année 1993, que le Centre Leclerc s’est bien intégré au quartier, les familles y trouvant “un éventail de prix et des offres intéressantes, (là) où il y avait auparavant peu de commerces.” 20
Par ailleurs, Rueil-Malmaison a pris la tête d’une “Alliance des villes pour l’Emploi” regroupant plus de cent communes.
Grâce à “l’efficacité redoutable d’un élu, Thierry Saussez, et d’une remarquable directrice, Marie-Pierre Establie” 21, la MIF (Maison d’Information sur la Formation et l’Emploi ) a obtenu déjà des résutats prometteurs.
Il faut poursuivre, dans tous les domaines, sans négliger l’Assemblée. C’est bien ce qu’entend faire notre député-maire.
Il a le cœur jeune.
Pour la suite ---> retour au début, voir colonne de gauche, cliquer Baumel III - 5
Notes :
Chapitre III - 4 (p. 197 à 218)
2 Nicole Maréchal (FN) 8,22% . - Jean Campan (EXD) 0,45%.
3 Ci-dessus, chapitre III - 3, note 13.
4 Viennent loin derrière les listes de Jean Giroud (Rueil pour tous, PS-PC) 24,52% (6 sièges : 4 PS, 2 PC), Denis Plain (Rueil Associations, écologiste) 9,98% (2 sièges) , Patrick Paumard (Droite Nationale, FN) 6,24% (1 siège).
5 Rueil informations, Février 1991 .
6 Rueil-Réalités, Novembre 1990 .- PR-UDF
7 Jean Giroud, Rueil infos, (Bulletin des Élus Socialistes) juin 1991.
8 Viennent ensuite : Jean Giroud (PS) 13,96%, Olivier Pichon (FN) 11,21%, André Cros 10,37%, Jean-Raymond Pacouret (PC) 5,27% ,
Michel Bottreau (MRG) 2,23%.
9 UPF : Union pour la France (listes d’union de l’opposition RPR-UDF).
10 Vivre à Rueil-Malmaison, publié par la Mairie.
11 Le Courrier des Hauts-de-Seine, 2 janvier 1992.
12 Les Nouvelles - Hauts-de-Seine, 24 juin 1992
13 France-Soir Ouest, 14 - 27 septembre 1992
14 Rueil à Venir, La lettre de Thierry Saussez, n° 3 , 1992
15 Faisant suite au pont bâti de Rueil 2000, couverture Belle-Rive (1981), couverture Coteaux (1988), couverture Malmaison (1993), couverture Shell (1994), (Lieux-dits qui se suivent).
16 Notre Journal, Rueil, Saint-Cloud, Garches (Directeur Jacques Gautier) n° 148, juin 1994.
17 “Capitale néerlandaise du Limbourg surtout connue jusqu’à présent parce que c’est devant ses murs qu’en 1673 mourut d’Artagnan” ironise Philippe Séguin dans son célèbre discours du 5 mai 1992.
18 Le Monde du mardi 22 septembre 1992
19 Résultats globaux dans la 7e circonscription :
Baumel (UPF) 55,26%, Darbel (PS) 13,84%, Burq (Écolo)10,94%,Maréchal (FN) 10,24%, Pacouret (PCF) 4,56%, Gensanne (Écolo) 2,31%, Tron (DVD) 2,02%, Wagner (DVD) 0,47%, Michaeli (Ex D) 0,41.%
20 Rueil Village BUZENVAL... MAZURIÈRES... FOUILLEUSE... février 1993
21 Charles de Gaulle est passé comme un météore. Dès 1990, il a quitté le Conseil municipal, “en raison de ses activités professionnelles”, en notant, dans sa lettre de démission, qu’il “avait contribué à faire de Rueil-Malmaison l’une des communes les plus actives de l’Île-de-France dans le domaine de l’aide à l’emploi et à la formation professionnelle.” Sans rire, avant d’aller exercer son sens de l’humour dans les rangs du Front National.
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