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02.07.2008

BAUMEL III - 2

Jacques Baumel, biographie. Toisième partie.


2 - Contre vents et marées

La Présidence du Conseil général

On vote beaucoup en 1973 : au printemps, élections législatives; à l’automne, élections cantonales.
Les conseillers généraux sont à cette époque élus pour 6 ans, renouvelables par moitié tous les 3 ans. 1
En 1973, Jacques Baumel, président du Conseil général depuis 1970, doit remettre en jeu sa place à la tête du département, en vertu de ce texte :
“ A l’ouverture de la session qui suit chaque renouvellement triennal, le Conseil général, réuni sous la présidence du plus âgé de ses membres, le plus jeune faisant fonction de secrétaire, nomme, dès la première séance, au scrutin secret et à la majorité absolue son président, 3 vice-présidents, un quêteur, 3 secrétaires.”
Deux jours plus tôt, le 1er octobre 1973, le maire de Rueil-Malmaison a eu la joie d’ouvrir dans sa commune une nouvelle crèche, la crèche familiale Jean-Jacques Rousseau. Le 3 octobre, le même homme, Président du Conseil général sortant, vit des événements beaucoup moins agréables.
La séance de l’assemblée départementale commence par les récriminations de l’opposition de gauche, qui se plaint du découpage des cantons, responsable à ses yeux des médiocres résultats qu’elle a enregistrés. Les explications sont longues.
Le président Lagravère, doyen d’âge, s’impatiente et demande abruptement quels sont les noms des candidats aux fonctions de président du Conseil général pour les trois ans à venir.
“ M. le Président, lui répond M. Graziani, au nom des deux formations qui constituent la majorité départementale, je propose la candidature de Charles Pasqua.”
M. Ducoloné propose Lucien Lanternier (élu communiste de Gennevilliers).
Résultats du vote au scrutin secret :
        - Charles Pasqua      27 voix
        - Lucien Lanternier   12 voix
        - Jacques Baumel       1 voix
Le discours de l’heureux élu va-t-il adoucir l’amertume  de celui qui, sans avoir été candidat, a obtenu une voix ?
Charles Pasqua rend d’abord hommage au doyen d’âge, et poursuit : “ Mais je dois également remercier notre ami le Président Jacques Baumel auquel je succède à ce fauteuil. ”
L’orateur esquisse ensuite le bilan positif de tout ce que le Conseil général a réalisé  “à son impulsion, sous son initiative.”
Cette tirade est applaudie. Jacques Baumel sourit, mais fort peu de temps. “ Dans d’autres assemblées, enchaîne Pasqua, dans d’autres instances, certains de nos amis, et notamment un des  plus  éminents, je veux citer le président Peretti, en son temps, ont demandé la limitation du cumul des mandats. La preuve est effectivement apportée que les charges de plus en plus lourdes qui s’attachent aux mandats locaux, départementaux, régionaux ou nationaux, ne permettent pas d’accomplir comme on le voudrait, et au mieux des intérêts généraux, les tâches qui sont dévolues à chacune de ces fonctions lorsqu’elles sont trop multiples. ”
Est-ce là des considérations d’ordre général?
Pasqua pourrait-il citer quelqu’un qui n’aurait pas accompli au mieux les fonctions à lui dévolues?
“ Au cours de ces trois années, insiste Pasqua, notre ami le Président Jacques Baumel, a pu expérimenter, étant lui-même maire de Rueil, député à l’Assemblée nationale, président du Conseil général, occupant sur le plan national des fonctions ministérielles, combien il était difficile de concilier ces différentes tâches, et en tout cas comme il était difficile de les mener de front. Il en a tiré les conclusions et a décidé de ne pas demander le renouvellement de son mandat. Ce sont les conditions dans lesquelles je lui succède, et je lui dis une nouvelle fois nos remerciements. ”
Le cumul des mandats n’ayant jamais frappé un homme politique comme une malédiction tombée du ciel, mais résultant toujours d’une multiplicité de candidatures librement acceptées,  Baumel peut se demander si Pasqua ne se paye pas sa tête en plus de lui prendre sa place.
En vérité, il comprend fort bien que “son ami” Charles ne peut pas exposer sincèrement les raisons et les conditions de son accession à la présidence du Conseil général.  Voilà un homme qui a fait une partie de sa carrière dans le secteur privé. Il a été directeur des ventes de la société Ricard,  avant  de  créer sa propre entreprise et de lancer avec succès un nouvel apéritif, l’Américano Gancia . En renonçant à ces activités, il a sacrifié de confortables revenus que les indemnités de sénateur, puis de député, parvenaient mal à compenser. Sanctionné par les électeurs de Levallois-Perret, allait-il rester, simple conseiller général, pratiquement privé de ressources? Non, car l’indemnité de président du Conseil général 2 est égale à celle du maire d’une ville de plus de 100 000 habitants, fort proche de celle d’un parlementaire. Mais comment l’obtenir? Comment parvenir au fauteuil convoité? Pasqua, UDR, secrétaire de la fédération des Hauts-de-Seine, a réussi dans cette entreprise parce que son influence au cœur de l’organisation politique majoritaire en France n’a cessé de grandir au cours des dernières années. Il a, dans son discours, cité Achille Peretti, qui a succédé à Chaban à la présidence de l’Assemblée nationale. Il aurait pu nommer aussi René Tomasini, secrétaire général de l’UDR avant Peyrefitte, ou Alexandre Sanguinetti, ancien ministre, qui prendra bientôt la tête de ce parti. Charles Pasqua et ces trois fortes personnalités constituent le “clan des Corses” , tout puissant dans la mouvance gaulliste. Le temps n’est plus (c’était de 1962 à 1967) où Baumel dirigeait le mouvement, ayant Tomasini pour adjoint.  Aujourd’hui, prié de céder la place, le “baron” Jacques Baumel doit obtempérer.
C’est ainsi  que vivent les partis.
Pasqua a obtenu ce qu’il voulait, mais une ombre ternit la satisfaction de ce gaulliste “pur et dur”. En effet, le conseiller Graziani, qui a présenté sa candidature, l’a fait au nom “des deux formations qui constituent la majorité départementale”, de même qu’elles constituent la majorité nationale, à savoir l’UDR et les Républicains indépendants du  détestable  Giscard  d’Estaing, l’homme du “Oui, mais “ et du “Non” au référendum du Connétable.
Pour devenir président du Conseil général des Hauts-de-Seine, Pasqua a eu besoin des voix des RI, et en particulier de celle de l’influent Jean-Pierre Fourcade, maire de Saint-Cloud, ancien directeur adjoint du cabinet de Giscard d’Estaing.
Ainsi va la politique.
Cette même année 1973, Henri Frenay, le chef de “Combat” aux heures sombres de l’Occupation, fait paraître un très bel ouvrage, La Nuit finira. Ce sont des “Mémoires de Résistance” dont nous avons évoqué un paragraphe (page 65) traitant de l’amitié en politique : il y là quelques réflexions amères mais justes d’un aîné et d’un maître qui ne laissent certainement pas son disciple Jacques Baumel indifférent.

La “trahison” de Chirac

Simple conseiller général, Jacques Baumel reste bien sûr député-maire, mais il a quand même perdu l’un des plus beaux fleurons de sa couronne républicaine.
Il va devoir hélas essuyer d’autres déconvenues en cette fin d’année 1973, et tout d’abord à l’occasion des assises de l’UDR, qui ont lieu à Nantes, au mois de novembre.
Le climat de ce congrès est détestable pour tous les participants, mais plus particulièrement pour l’ancien secrétaire général pour qui le mot “Union” garde un sens. Or, la fin désormais annoncée du président Pompidou sème le trouble et le désordre dans les rangs de la majorité.
Au lendemain des élections législatives, les Réformateurs ont envisagé de rallier la coalition menée par l’UDR, mais il sont finalement restés dans l’opposition, où les tenants du programme commun deviennent, jour après jour, de plus en plus dangereux.
Et que fait l’UDR devant ces menaces? Elle se laisse aller à des querelles de clan.
A sa tête, Sanguinetti, qui a remplacé Peyrefitte, qui avait, on le sait, remplacé Tomasini, ne tient pas ses troupes. Les gaullistes historiques comme Jacques Baumel ont quelque peine à se faire entendre mais les jeunes néo-gaullistes et autres pompidoliens ne sont guère plus heureux. En veut-on un exemple?
“Le ministre de l’Agriculture, Chirac, avait été hué (au congrès de Nantes) quand il s’était écrié : “Il nous faut relever le défi de la subversion morale”, car les militants avaient cru comprendre qu’il s’attaquait encore à la Nouvelle société (...) Si la foule des congressistes en voulait tant au ministre de l’Agriculture, c’est parce qu’elle se souvenait que, le 13 août dernier, il avait, malencontreusement, déclaré au Point :  “Si M. Pompidou venait à disparaître, je serais giscardien.”  Chirac, l’ennemi affiché de Chaban, se déclarait donc giscardien 3  ! ”  La honte !...
Puis les événements vont se précipiter. Des grèves éclatent un peu partout en France, sur fond de crise pétrolière et de crise monétaire internationale. Au mois de février 1974, le Président accepte la démission de Messmer, mais c’est pour le nommer une troisième fois Premier ministre, et lui adjoindre Jacques Chirac au ministère de l’Intérieur.
Le nouveau gouvernement commence à peine à tenter de mettre en œuvre quelques mesures susceptibles de redresser la situation économique et sociale lorsque, le 2 avril , la mort brutale de Georges Pompidou l’oblige à organiser des élections présidentielles.

Douze prétendants (d’Arlette Laguiller à Jean-Marie Le Pen) se présenteront au premier tour.   Trois  d’entre eux  se détachent  rapidement :  Jacques Chaban-Delmas,  Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand.
Ce dernier, candidat unique de la gauche, s’appuie sur un “programme commun” datant de 1972 mais qu’il a eu tout le temps de peaufiner.
Les sondages sont en sa faveur.
Face à ce redoutable adversaire, la droite a essayé de s’accorder sur le nom d’un seul candidat pour représenter la majorité présidentielle. Messmer, sollicité, aurait accepté si Chaban et Giscard s’étaient effacés. Mais Chaban est le premier à se lancer dans la bataille, Giscard le suit, Messmer renonce. Tous les gaullistes historiques se rangent alors derrière le tenant de la Nouvelle société, car il est malgré tout un authentique “baron”,  même si certains le soupçonnent de gauchisme. C’est ainsi que Jacques Baumel se retrouve aux côtés de ses amis Debré, Guichard, Sanguinetti, et dans le sillage de Pasqua, pour soutenir celui auprès duquel il a été Secrétaire d’État.
Un coup de théâtre met à mal cette belle unité : Chirac prend parti pour Giscard, affirmant que, si Chaban le devance au premier tour, Mitterrrand l’emportera au second. Colère de l’UDR! Réunion du bureau exécutif. Poujade demande que Chirac soit exclu du parti. Sanguinetti fait remarquer qu’il n’en a jamais eu la carte. Ce Chirac n’est qu’un néo-gaulliste, issu du pompidolisme... Peut-être, mais il est assez influent pour produire “L’appel des 43”, un texte en faveur de Giscard, et dont 33 des 43 signatures sont celles de députés UDR.
Le 5 mai, Mitterrand recueille 43% des voix, Giscard 32%, Chaban 15%. Chaban s’efface et le 19 mai Valéry Giscard d’Estaing devient président de la République. 4
La droite l’a emporté. Est-elle pleinement satisfaite?
“Les chabanistes continueront longtemps de penser que, sans Chirac, leur homme aurait été élu et que le destin du pays aurait été tout autre 5 .”
Et Jacques Baumel se dit que, dans ce cas, son destin personnel aurait été bien différent. N’a-t-il pas l’étoffe d’un ministre de premier rang?.
Toutefois, pour l’heure, pour se consoler, sans doute partage-t-il aussi ce sentiment, commun à l’ensemble du “personnel politique de l’UDR”, à savoir  “qu’après tout Chirac n’a pas si mal joué puisque en cas de victoire de Chaban, c’était bien une victoire de l’UDR, mais, qu’en cas de victoire de Giscard, grâce à Chirac, l’UDR était tout de même, un peu, présente à l’arrivée.” 6

La renaissance du Rassemblement

A Rueil-Malmaison, la préparation et l’organisation des élections présidentielles n’ont en rien ralenti le rythme allègre des travaux du conseil municipal.
Au cours du second semestre de l’année 1973 ont été votés l’aménagement du CES des Bons Raisins, la création d’un secteur d’architecture protégée Place de l’Église, la construction d’un Centre d’Action sociale rue d’Estienne d’Orves.
Quand il faut, M. le Maire n’hésite pas à recourir à des mesures impopulaires, celle prise le 22 octobre, par exemple, à savoir : “Stationnement payant dans le Centre Ville à l’aide de parcmètres et d’horloges horodatrices”.
Et que ceux qui ne sont pas contents le disent, ils apprendront à connaître leur maire ! A l'occasion, Baumel se départit de son sourire courtois, c'est le moins que l'on puisse dire. Il se fâche parfois. Bon nombre d'employés de la mairie savent ce qu'il en coûte de ne pas exécuter vite et bien ce qu'il a décidé.
Le périmètre d’implantation des premiers horodateurs a donc été adopté à l‘unanimité.
D’autres décisions du conseil municipal sont beaucoup mieux accueillies, comme par exemple, après la création du centre culturel Edmond Rostand, l’ouverture d’un théâtre, l‘ELAM (Espace Loisirs Arts Malmaison), devenu depuis le TAM (Théâtre André Malraux).  Dès 1974, cette salle connaît le succès.
Cette même année 1974  commence la construction du groupe scolaire George Sand et l’extension de l’école maternelle Charles Perrault.
Pour ce qui est de la petite enfance, la commune a un retard considérable, que Jacques Baumel veut à tout prix combler : aux crèches Henri Dunant et Jean-Jacques Rousseau, déjà ouvertes, vient s’ajouter une crèche collective de 60 berceaux avenue Albert 1er. Une autre crèche, rue Hippolyte Bisson, remplacera celle du square de la mairie. Une autre ouvrira rue Jean Le Coz.
Mais l’attention donnée aux bébés n’est nullement exclusive. Dans sa séance du 17 juin 1974, le conseil municipal accorde une garantie communale à une société de HLM qui construira 114 logements et une résidence pour personnes âgées  de 76 chambres.

Lorsqu’il passe de sa mairie au Palais Bourbon, Jacques Baumel change davantage de cadre que de préoccupation, car il est à l’Assemblée membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Et si, le 26 juin, il pose au gouvernement une question “relative aux grèves dans les centres de tri postaux”, le 28 novembre, il prend part à une “discussion générale” portant sur un sujet moins ponctuel".
Il s’agit en effet du “projet de loi relatif à l’interruption volontaire de la grossesse.”
Quelle est sa position sur cette importante question?
Celui qui, dans sa commune, ouvre des crèches, “estime que les dispositions dissuasives du projet sont trop modestes.” 7
Ainsi travaille notre député-maire, sans négliger ses fonctions de conseiller général.  Mais il lui faut aussi affronter la tourmente qui continue d’agiter l’UDR. Il est bien difficile  à cette époque d’échapper à la politique politicienne quand on est un membre influent du parti dominant, qui se déchire.
Les tracas commencent avec la formation  du  gouvernement. Le détestable Giscard, antigaulliste notoire, a été élu avec des voix gaullistes, grâce à Chirac. Quel premier ministre choisira-t-il pour amadouer l’UDR? Il pense, dit-on, à Olivier Guichard, et cet accommodement ne paraît pas impossible car l’éminence grise du Président,  Michel Poniatowski,  est  parent  par alliance d’Olivier Guichard, la fille de celui-ci ayant épousé le fils de celui-là. De fait, Giscard nomme Chirac, et, au sein de l’UDR, les murmures  des “barons”, hostiles au nouveau chef de l’État, se transforment en diatribes qui n’épargnent pas le jeune premier ministre issu de leurs rangs. L’un et l’autre sont accusés de tout faire pour casser en deux un grand parti, héritier du Rassemblement  créé par de Gaulle et ses partisans les plus fidèles.
La composition du gouvernement n’offre rien qui puisse adoucir la rancœur de ceux qui ont soutenu Chaban, Giscard ne nommant que quatre ministres UDR sur quinze. Si l’on en croit les échotiers, ces promus ne sont pas des hommes d’État de premier plan, mais des “zozos”, à qui les portefeuilles les plus prestigieux ne pourraient être confiés. En revanche, les partisans les plus proches du Président accèdent aux grands ministères, Michel Poniatowski, par exemple, seul ministre d’État, à l’Intérieur, et Jean-Pierre Fourcade  aux Finances.
En ce moment, les rapports sont particulièrement mauvais entre Chirac, Premier ministre mais aussi tête de file de tous les néo-gaullistes issus du pompidolisme, nombreux à l’UDR, et les “barons”,  qui ont aussi leurs troupes. Ces derniers s’apprêtent à refuser d’apporter leur soutien au gouvernement.
Chirac, évoquant le pouvoir qu’ils ont si longtemps exercé, déclare : “Les Français en ont marre de ces quinze types qui ont fait un hold-up sur l’État”.   
Pour les supplanter, il peut compter sur Tomasini, qu’il a réussi à faire nommer secrétaire d’État aux relations avec le parlement. Mais l’ancien chef de l’UDR ne parvient guère à faire évoluer en faveur du Premier ministre les sentiments que lui portent les gaullistes.
C’est alors qu’intervient Charles Pasqua. Le président du Conseil général des Hauts-de-Seine s’est prononcé pour la candidature de  Chaban aux élections présidentielles, mais du bout des lèvres, par devoir plutôt que par conviction. La Nouvelle société que lui promettait le Bordelais ne lui convenait guère, il la jugeait peu gaullienne. Le choix de Jacques Chirac ne l’a donc pas choqué. Aujourd’hui, Giscard, dont le règne débute par quelques déplaisantes  fantaisies comme le ralentissement  du rythme de la Marseillaise, annonce des réformes pires que celles voulues par Chaban. Son âme damnée, le combatif Poniatowski, tient un discours socialisant. L’un et l’autre travaillent à l’avènement d’un puissant centre-gauche, fondé sur le démantèlement du parti gaulliste. Qui pourrait croire que Jacques Chirac aurait, par ambition personnelle, déserté le camp de Chaban pour servir une telle politique? Bon nombre de barons sans doute, mais pas Charles Pasqua.
Chirac et Pasqua se rencontrent, apprennent à se mieux connaître, et tombent d’accord pour prendre en main et renforcer l’UDR, afin de combattre la giscardisation du gaullisme et des rouages de l’État.
Quelle sera la stratégie? Pasqua et Tomasini, les  “Corses du Premier ministre”, se rappellent au bon souvenir d’un autre membre du “Clan”, Alexandre Sanguinetti.  Celui-ci, secrétaire général du parti gaulliste, accepte d’assister Pasqua dans le travail qu’il entreprend aussitôt pour revigorer le Mouvement,  en  relançant l’activité de toutes les cellules départementales.
Le 22 juin 1974, Pasqua réunit à Paris les responsables départementaux  de  l’UDR  afin de  leur  exposer quelle chance c’est pour le parti d’avoir à Matignon un gaulliste fidèle. Durant tout l’été de la même année, il parcourt la France, de fédération en fédération, s’efforçant à chaque étape de démontrer que Chirac est le seul qui puisse s’opposer efficacement à tout ce que le giscardisme peut avoir de nuisible.
Ces efforts seront couronnés de succès le 14 décembre, à l’occasion de la réunion du comité central de l’UDR. Ce jour-là, le secrétaire général du parti, Sanguinetti, donne sa démission, Pasqua et Chirac (et, toujours dans l’ombre, Juillet et Marie-France Garaud) l’en ayant instamment prié. Lorsque Jacques Chirac présente sa candidature à la succession, les barons protestent avec véhémence. Chaban parle de “pantalonnade”, d’autres crient au “coup d’État”, Debré propose une direction collégiale, d’autres voudraient lancer Olivier Guichard dans la bataille... Finalement, pris de court, ceux qui ne veulent pas que le Premier ministre de Giscard soit à la tête du Mouvement ne trouvent à lui opposer qu’un militant obscur, député du Nord, Jacques Legendre. Et l’on vote, et Jacques Chirac l’emporte, par 57 voix contre 27.
Alors Chaban, s’adressant à ceux qui l’ont élu, leur lance : “Vous avez offert le gaullisme à Ganelon”.
La suite ne touche qu’indirectement la carrière de Jacques Baumel qui nous intéresse ici. Notons cependant quelques dates importantes... Le 12 janvier 1975, Chirac fait savoir aux membres de l’UDR que c’est lui qui accordera les investitures aux prochaines législatives, ce qui donne à réfléchir à ceux qui le soutiennent mollement.
Le 15 juin  de la même année,  il  renonce  au secrétariat général de l’UDR, afin de se situer nettement au-dessus des partis, à la tête du gouvernement. Mais ce geste n’améliore en rien la qualité de ses  relations avec le président de la République. Qu’il s’agisse de l’inflation, du déficit budgétaire, du chômage, des faillites et des dépôts de bilan ou de la “loi Veil”, l’Élysée et Matignon sont en désaccord sur la plupart des sujets, si bien qu’en 1976 , le 25 août, Jacques Chirac démissionne.
Cette décision rehausse son image aux yeux des gaullistes les plus antigiscardiens et, lui laissant du temps, lui permet de reprendre en main l’UDR.
Le 15 septembre, dans La lettre de la Nation, il lance un premier “appel” : “Une fois de plus, mes compagnons, nous allons engager un combat décisif...” Le 3 octobre, c’est “l’appel d’Égletons” : “Je m’adresse à tous les Français sans exclusive aucune pour que se constitue le vaste mouvement populaire que la France a toujours su tirer de ses profondeurs lorsque le destin paraissait hésiter...”
Quel ton! Quel gaulliste resterait insensible à ces accents qui rappellent la voix du Général?
Les barons, fidèles à Chaban, hésitent encore, mais leur rancune faiblit.
Le 5 décembre se tiennent les assises d’un mouvement qui se nomme UDR à l’ouverture et RPR (Rassemblement pour la République) avant le soir.
Celui qui a proposé ce changement d’appellation prononce un grand discours pour attaquer vivement l’opposition de  gauche, cela va de soi, pour affirmer que le Rassemblement continuera de faire partie de la majorité, évidemment, mais en développant ces deux points, il multiplie les critiques à l’égard de la politique giscardienne. Les électeurs trancheront à l’occasion des prochaines consultations électorales, haut les cœurs compagnons!
Cet orateur, c’est Jacques Chirac, bien sûr, élu ce même jour président du Rassemblement qu’il vient de créer avec 96,5% des voix.

Le fauteuil de Nanterre

L’attention accordée aux démêlés qui agitent la majorité présidentielle nous ont fait oublier l’opposition qui s’organise et progresse durant cette période, comme en témoignent les résultats des cantonales de mars 1976.
La défaite des partis au pouvoir est cuisante. 8
Dans les jours qui suivent, la droite cède à la gauche la présidence du Conseil général dans quinze départements.

Pasqua compte parmi les battus. Il ne dirigera plus les débats de l‘assemblée des Hauts-de-Seine.  Il doit abandonner son fauteuil de Nanterre, mais en ce qui le concerne, l’échec est plus sévère que pour les autres, car il perd aussi son mandat de simple conseiller. Son adversaire communiste, Parfait Jans, qui l’avait déjà chassé de la mairie de Levallois-Perret le chasse maintenant du canton. Voilà ce qu’il en coûte de négliger son pré carré électoral pour parcourir la France au service de Jacques Chirac.
Jacques Baumel, lui, a été superbement réélu, compte tenu du contexte, dès le premier tour, avec 51,90 % des voix.
Quels sentiments éprouve-t-il à l’ouverture de la séance du Conseil général qui suit les élections, le 17 mars? Est-il très affecté par le recul de son parti et la déconfiture de son ami Pasqua?
Le doyen d’âge, M. Pinchaux, souhaite une heureuse retraite à M. le président Lagravère, précédent doyen d’âge, premier Président du 92 , et, après le rappel des “textes”, il donne la parole à M. Graziani.
M. Graziani . - Nous présentons la candidature à la présidence du Conseil général de Jacques Baumel....”
Avant le scrutin, M. Lanternier, candidat communiste, demande que soient abordées des questions urgentes... Il voudrait voir se démocratiser le fonctionnement du Conseil général...  Il  souligne  les revers de la droite... Nomme Pasqua... Dénonce le découpage des cantons qui maintient la gauche dans l’opposition alors qu’elle a recueilli 54,5% des suffrages...
Rappel à l’ordre du doyen d’âge. On vote.
Jacques Baumel obtient 22 voix, Lucien Lanternier 17 .
Peu après, “ M. Baumel prend place au fauteuil de la présidence.
M. Baumel . - Mes chers collègues, Monsieur le Préfet, au moment précis où j’accède pour la deuxième fois à votre présidence, vous me permettrez, j’en suis sûr, d’adresser mes premiers mots à tous nos collègues qui par leur vote de confiance m’ont permis d’accéder à cette responsabilité dont je mesure, croyez-moi, les difficultés beaucoup plus que les charmes.
Je veux également, non seulement parce que c’est conforme aux usages, mais parce que cela répond à mon sentiment personnel et profond, rendre hommage à l’action et à l’œuvre de mon prédécesseur qu’un sort contraire a écarté de notre Assemblée...(Rires à gauche.)
Le président ne pose aucune question sur le sens de ces rires et poursuit, imperturbable :
“... mais qui, pendant les trois ans où il a assuré la présidence de notre Conseil général, a eu une tâche extrêmement difficile...”
L’orateur salue ensuite tous ceux qui ont quitté le Conseil général, puis il souhaite la bienvenue aux nouveaux membres, et conclut :
“Alors, voilà! la campagne est terminée, cette campagne, d’ailleurs, je  note  qu’elle  a  été  finalement dans le département extrêmement calme...
Mme Cohen .- Ce n’était pas le cas à Levallois-Perret!...(Mme Cohen est l’élue du canton de Levallois-Perret Nord, mais son exclamation vise aussi, et surtout, le canton de Levallois-Peret Sud d’où Parfait Jans a chassé Charles Pasqua.)
M. le Président . - Maintenant la page est tournée, nous sommes réunis dans cette salle pour essayer d’œuvrer tous ensemble et de travailler dans l’intérêt du département. ”
Avant d’aborder la suite de l’ordre du jour, l’orateur tient à souligner dans quelles conditions il vient de retrouver son fauteuil.
“ Cette élection, de par ma volonté, de par la volonté de ceux qui m’ont fait confiance, à laquelle je suis très sensible, est une élection d’union, puisque, issu d’un des mouvements de la majorité, d’un des groupes, j’ai recueilli sur mon nom la totalité des voix de la majorité et c’était une chose à laquelle je tenais beaucoup...”
A Jean-Pierre Fourcade d’apprécier cette remarque, lui qui est conseiller général de Saint-Cloud,  mais aussi ministre des Finances,  souvent en conflit avec Chirac. 
Quoi qu’il en ait dit en début de séance, Jacques Baumel tient  à se démarquer de son prédécesseur :
“ Je crois qu’il est absolument nécessaire que nous laissions au vestiaire un certain nombre de pratiques dont j’ai souffert comme beaucoup d’autres dans les années précédentes et, dans le respect des opinions que j’ai toujours pratiqué, dans la volonté très ferme d’affirmer nos idées - ce qui est la notion même de démocratie et qui est la condition même de notre présence ici - je pense que les invectives, les attaques, les passions doivent être écartées de nos débats. ”
Mais prendre ses distances ne signifie en rien se désolidariser, la preuve :
“Depuis neuf ans, nous avons fait (six ans sous ma conduite, trois ans sous celle de Pasqua) une œuvre je crois très remarquable en commun pour essayer de doter ce département des équipements sociaux collectifs qui lui manquaient et qui, aujourd’hui, en font un département des mieux équipés de la région parisienne - il  faut  aller plus loin, il faut envisager une politique plus audacieuse et en même temps plus imaginative.”
L’orateur dégage “quelques lignes de force de cette politique...“ (environnement, sécurité, “humanisation des rapports entre l’Administration et le public”), puis il donne la parole à M. Jans.
M. Jans . - Monsieur le Président, pour répondre à votre appel à l’humanisation de notre action, je propose au Conseil général d’ajouter un vœu d’urgence à notre ordre du jour, à propos de l’interruption temporaire des expulsions qui intervient chaque année durant la période hivernale et qui a pris fin le 15 mars. Des milliers de famille sont à nouveau directement menacées par cette mesure inhumaine.

M. le Président . - Monsieur Jans, vous me permettez de vous interrompre très courtoisement (...) Il y a un ordre du jour qui a été fixé, je vous demande de le respecter. Commençons par bien travailler en démarrant notre nouvelle existence .”
Courtoisie et fermeté : Monsieur le Président n’a pas changé.

Le cumul des mandats

Jacques Baumel sait, il l’a dit, que la présidence du Conseil général offre plus de difficultés que de charmes, mais, à la différence de 1973, il n’en a pas tiré la conclusion qu’il devait renoncer à cette fonction, faute peut-être d’avoir été bien conseillé par son ami Pasqua.
Un coup d’œil à son agenda met en lumière les problèmes que peut poser le cumul des mandats.
La prochaine réunion de l’Assemblée départementale aura lieu le 7 avril : le nouveau président devra y donner une nouvelle impulsion à la mise en œuvre du Deuxième Plan Quinquennal.
Mais avant, le 2 avril, il devient à l’Assemblée nationale membre de la commission des affaires étrangères.
Notons au passage qu’il appartient désormais au groupe RPR, qui a remplacé, on l’a vu, le groupe UDR.
Le 22 avril, de retour au palais Bourbon après avoir siégé le 7 à Nanterre, il intervient dans la discussion portant sur un projet de loi relatif à la protection de la nature.
Le 27 avril, dans sa bonne ville de Rueil-Malmaison, il fait voter par le conseil municipal, entre autres projets, le transfert du Conservatoire Municipal de Musique à l’École Jean Jaurès, la construction d’une nouvelle école rue Cramail, la réalisation de divers emprunts (dont un de 4 500 000 F en vue de poursuivre les acquisitions des terrains dépendant de la ZAC Noblet-Village.) D’autres décisions portent sur des sommes beaucoup moins importantes, mais il convient de ne rien négliger, M. le Maire doit avoir l’œil à tout. C’est ainsi que l’Amicale des Auvergnats se voit accorder une subvention de 1000F mais celle du Centre équestre sera seulement de 500F.
Moins de dix jours plus tard, le 6 mai, la vie associative de Rueil est bien oubliée. Ce jour-là, Jacques Baumel intervient, à la tribune de l’Assemblée nationale, à l’occasion d’une “déclaration du gouvernement sur la politique étrangère”, et c’est pour déplorer “la situation navrante du livre et des journaux français dans le monde (...) le caractère techniquement peu heureux du choix des émissions sur ondes courtes”. Il faut, selon lui, “faire  relever du ministère des affaires étrangères l’ensemble des opérations qui intéressent la France dans le monde”.

Cette effervescence n’a rien d’exceptionnel.
Les travaux qui l’accaparent à l’automne ne sont pas moins nombreux et variés que ceux qui l’ont occupé au printemps.
Le 15 octobre, il traite au palais Bourbon du “taux de la taxe d’habitation”. Le 26 octobre, il réunit son conseil municipal pour discuter, entre autres sujets, de “l’extension du Centre maritime de Pornichet” (propriété de la commune pour colonies de vacances)  Le lendemain, de retour dans la capitale, il prend part à un débat dont le thème est “Équipement et urbanisme”, et, le 3 novembre, il prolonge sa réflexion en intervenant dans un autre débat portant sur la “Qualité de la vie” (environnement, Paris et sa banlieue menacés d’une pollution croissante). Le 9 novembre, toujours à l’Assemblée nationale, mais dans un domaine bien différent, il rappelle “les critiques formulées depuis des années par les rapporteurs à l’égard du budget des affaires étrangères”, et, enfourchant l’un de ses chevaux de bataille favoris, il répète une fois encore que “le livre français ainsi que la presse française demande des solutions concrètes et réelles”. Six jours plus tard, le 15 novembre, il préside une séance du conseil général des Hauts-de-Seine, mais le 19, il doit céder (peut-être à regret) la présidence à son collègue Paul Graziani, car il a l’intention de préparer une nouvelle intervention au parlement. Et le 24 novembre, il pose en effet une “question au gouvernement” portant sur les “crédits affectés à certaines maisons de la culture et à l’aide à certains spectacles : modalité d’attribution de ces crédits; choix parfois contestable de certains spectacles”.
On pourrait croire que ces multiples activités suffisent à remplir le coeur et l’esprit de notre député-maire, de surcroît président  d’un important conseil général, mais il n’en est rien : en cette fin d’année 1976, Jacques Baumel, comme la plupart de ses confrères, pense avant tout aux prochaines municipales, qui auront lieu au mois de mars de l’année suivante.
Chez tout homme politique les élections ne constituent-elles pas la préoccupation transcendante?
La campagne ne sera pas facile pour les partis de la majorité.
La situation économique et sociale reste mauvaise.
L’opposition, nous l’avons vu, a gagné les cantonales du mois de mars 1976. La gauche en France est majoritaire et en progression. Georges Marchais a bien essayé de taquiner François Mitterrand à propos des nationalisations, il a menacé de remettre en cause le programme commun qui date de 1972, mais finalement, au mois de juin 1976, les communistes, les socialistes et les radicaux de gauche ont conclu un accord pour présenter des listes d’union aux municipales de mars.  “ Dans les 221 villes de plus de 30 000h. en 1977, la gauche socialiste et communiste se présente unie au premier tour dans 202 d’entre elles, soit dans 91% des cas contre 57% en 1971”. 
A droite, bien que le premier parti ait pris le nom de Rassemblement (pour la République, RPR) l’harmonie semble moins facile à établir. Des tiraillements existent chez les gaullistes, Michel Jobert, ancien ministre de Pompidou, ajoute à la confusion en attirant certains d’entre eux vers son Mouvement des démocrates, mais surtout, l’alliance est difficile entre le RPR d’une part, les RI et autres centristes d’autre part, car si le parti de Jacques Chirac soutient le gouvernement de Raymond Barre, il le fait en le critiquant avec pugnacité.
L’affaire de la mairie de Paris brouille davantage les cartes. En application de son nouveau statut, la capitale doit élire un maire,  pour la première fois depuis 1871. Sans concertation avec les autres composantes de la majorité présidentielle, les RI giscardiens décident de présenter Michel d’Ornano, maire de Deauville. La majorité gaulliste du Conseil de Paris s’insurge et répond en annonçant la candidature de Jacques Chirac. Et pendant que ces deux personnalités s’apprêtent à en découdre, dans les autres communes  de  France,  les  partis  de la majorité s’efforcent avec plus ou moins de bonheur de signer des alliances.
A noter aussi la première participation à des élections municipales d’un courant nouveau, celui des écologistes, dont les listes seront présentes dans une trentaine de villes de plus de 30 000 h.

Le 13 mars, ces écologistes réussissent une percée, mais les résultats du scrutin sont surtout marqués par une forte poussée de la gauche. Les résultats du 20 mars confirment ceux du 13. 9
“Un grand souffle passe”, déclare Mitterrand.
Mais si Créteil, Antony, Cherbourg, Montpellier, Reims, Nantes, Saint-Étienne, Angers, Montluçon, Tarbes, Brest et soixante autres villes de même importance changent de couleur, Rueil-Malmaison, grâce à Jacques Baumel, compte parmi celles qui ne sont pas emportées par la vague.
Quelle a donc été la stratégie de M. le Maire?

On a vu comment le président du Conseil général des Hauts-de-Seine, après son élection, a tenu à souligner qu’il avait recueilli sur son nom la totalité  des voix de la majorité et que c’était une chose à laquelle il tenait beaucoup. On l’a entendu, à l’Assemblée nationale, émettre des réserves lors de la discussion du projet de loi relatif à l’interruption de grossesse, mais il n’en est pas moins un ami de Simone Veil, ministre de la santé, et il l’a invitée dans sa bonne ville pour qu’elle inaugure la crèche des Trianons. Jacques Baumel, solide partisan de l’union, fort doué pour la réaliser lorsque cette charge lui revient, compose sans trop de peine, pour les municipales de 1977, une liste unie qu’il appelle “Agir pour Rueil”. L’assemblée communale qu’il propose aux électeurs est constituée de la plupart des sortants,  en tête desquels on peut citer Marcel Noutary qui,  en 1973, a conquis le canton de Rueil (Nord) en battant Michel Duffour. Toutefois, certains conseillers, qui avaient semblé bouder l’unanimité chère à M le Maire en n’assistant  pas à quelques séances du Conseil municipal et en négligeant de se faire remplacer ont été écartés. Il ne faut pas contrarier le patron, sinon gare! Ces éliminations permettent de rajeunir l’équipe en y accueillant, par exemple, Jacques Gautier, ou bien encore un brillant cadet d’une trentaine d’années, Patrick Ollier, professeur à Sciences Po à Aix-en-Provence en 1969, avant d’entrer dans le cabinet du secrétaire d’État Jacques Baumel, pour y travailler à la mise en œuvre de la “Nouvelle société”.
Appuyée sur ce qu’elle  juge un excellent bilan ( 320 places en 6 crèches  contre 1 crèche et 60 lits en 1971, 35 000 m2 d’espaces verts contre  3 900,  six clubs pour le 3ème âge contre 1, de grands travaux en chantier),  la liste “Agir pour Rueil” est prête pour la bataille.
Dans le camp adverse, Michel Duffour, bien qu’il ait perdu trois ans et demi plus tôt le canton de Rueil Nord, revient à la charge et se prépare pour un nouveau combat. Avec Jacques Fournier pour le seconder, il rassemble sans difficulté tous les éléments d’une liste qu’il nomme très simplement “Union de la Gauche”.
Par ailleurs, Rueil-Malmaison est l’une des quelque 30 villes qui font une place au courant nouveau : M. Lecoeur conduit la  liste “Rueil écologie”.
Résultats du premier tour :
- “Agir pour Rueil” (Baumel) : 48,54 %,
- “Union de la Gauche” (Duffour) : 39,70 %
- “Rueil écologie” (Lecoeur) : 9,77 %.
Le scrutin étant à deux tours sans panachage ni possibilité de fusion entre les deux tours et le seuil de maintien au second tour étant fixé à 12,5 % des inscrits, la liste “Rueil écologie”, dont le score est  fort  honorable pour une première apparition, se trouve éliminée.
Au second  tour,  marqué  par une  forte  participation (76,63 % contre 73,96 % au premier), la liste de Jacques Baumel l’emporte avec 54, 03 % des suffrages.
Compte tenu des circonstances, c’est une remarquable victoire. Politique influent, ancien ministre, député, président du Conseil général, notre notable, au terme de son premier mandat municipal, a bel et bien pris racine.

Septième mandat de député

A Rueil-Malmaison, en 1977, le centre-ville est un vaste chantier : une nouvelle mairie, spacieuse, toute moderne avec ses parois de verre, s’élève à coté de l’ancienne mairie, construite sous Napoléon III.
Le conseil municipal suit de près ces travaux.
Pour autant, les problèmes du quotidien ne sont pas écartés, la voirie n’est pas négligée, on vote pour l’alignement de nouvelles rues, pour l‘installation de feux tricolores dans divers carrefours. On se prononce même pour l’ouverture d’autres chantiers : création de deux nouvelles crèches, participation de la ville “pour l’exécution de travaux de consolidation des arcs-boutants” de l’église Saint-Pierre, Saint-Paul.
Maître architecte à Rueil, Jacques Baumel continue de présider à Nanterre le Conseil général du 92 dans l’exercice de ses fonctions administratives, économiques et sociales.
A l’Assemblée nationale, le 13 mai, il participe à un débat sur l’Agence nationale pour l’emploi. Le 8 juin, il demande au gouvernement de prendre une position énergique pour obtenir la libération de civils français retenus comme otages par le Polisario 10 et il stigmatise les “propos indécents tenus à Alger par un dirigeant du parti communiste français, M. Kanapa.” Le 23 juin, il fait un rapport, au nom de la Commission des affaires étrangères, sur un accord maritime entre la France et le Brésil.  Le 24,  il traite “des difficultés  des services des postes dans les Hauts-de-Seine”. Le 25 novembre, il propose des “instructions à donner à la DATAR” (Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale) pour le maintien de l’activité économique des Hauts-de-Seine.
Toutefois, cette année encore, ses multiples activités ne l’empêchent pas de préparer une nouvelle campagne électorale, et  d’y  participer avec  ardeur  car la lutte promet d’être chaude.
Rude tâche en effet, car ces législatives, qui auront lieu au mois de mars 1978, s’insèrent  dans un contexte politique difficile pour les partis au pouvoir.
Après les cantonales, la gauche a emporté les municipales. La droite ne rêve que de revanche, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas soudée. La bataille pour la mairie de Paris a laissé des traces. Et au sein même du mouvement gaulliste, tous les barons n’ont pas vraiment rallié Chirac.
Par ailleurs, Giscard donne à Barre, son premier ministre, les titres de “meilleur économiste de France”, de “Joffre de l’économie”, mais la situation économique ne s’améliore pas pour cela. Le taux de croissance des richesses produites par les Français ne cesse de diminuer, le déficit du commerce extérieur augmente, l’inflation est passée de 9 à 11%, le cap du million de chômeurs a été franchi et les remboursements de la Sécurité sociale sont touchés.
Si le gouvernement ne réussit guère dans ses entreprises, ce n’est pas faute d’être soutenu par le RPR. A l’Assemblée, les gaullistes restent fidèles à la solidarité parlementaire. Ils votent avec les RI de Giscard et les autres Centristes.

Non sans mérite, car Raymond Barre ne les ménage pas, allant jusqu’à déclarer, à la tribune de l’Assemblée  : “ Si j’avais le désir de critiquer mes prédécesseurs, je n’en aurais pas le temps, tellement ils m’ont laissé de choses à faire, à défaire, à refaire. Les gaullistes sont les muscadins de l’économie. Je laisse à quelques esprits originaux, dignes de rivaliser avec  Les Précieuses ridicules,  le soin  de soutenir  que le chômage est source d’inflation. ”
Chirac et les siens répliquent à ces attaques, ils désapprouvent avec véhémence hors du palais Bourbon ce qu’ils ont approuvé à la tribune du Parlement, et cette situation paradoxale se prolonge durant plusieurs mois.
Lorsque le président du RPR, devenu maire de Paris, déclare qu’il prendra, face au péril communiste, la direction de la campagne pour les législatives, le président de la République, non moins désireux de vaincre la gauche, désigne Raymond Barre pour conduire la majorité. Chirac, et ceux qui le suivent, devront donc se battre sur deux fronts : contre la gauche, et contre les giscardiens, qui ne pensent qu’à leur rogner les ailes.
Parmi les  plus  fidèles  partisans  de Jacques  Chirac figure Charles Pasqua. Toujours aussi combatif, et riche d’idées, il est secrétaire de la fédération RPR des Hauts-de-Seine, mais par ailleurs sans emploi substantiel. Pour le récompenser de ses bons services, son chef de file lui propose alors de soutenir sa candidature aux sénatoriales. Et c’est ainsi qu’avec la bénédiction du chef du RPR, avec l’appui déclaré de Jacques Baumel, et surtout avec l’aide de Michel Maurice-Bokanowski, compagnon de la Libération, ancien ministre de de Gaulle, membre éminent du RPR, et lui même déjà sénateur des Hauts-de-Seine, Charles Pasqua est élu à la Chambre Haute le 25 septembre.
Au moment où la campagne pour les législatives va commencer vraiment, l’ancien maire de Levallois- Perret, ex-président du Conseil général, retrouve sans effort un mandat électif dans un département qui lui est aussi cher qu’à son ami Jacques Baumel. Mais avant de siéger assidûment au Sénat,  il est le maître d’œuvre  d’un tour de France préélectoral au cours duquel Jacques Chirac déploie tous ses talents pour que le RPR entre en force à l’Assemblée nationale.
Le 11 février, après 517 réunions publiques tenues dans 79 départements, une dernière, organisée à Paris, à la Porte de Pantin, rassemble 100 000 personnes.
Dans sa circonscription, Jacques Baumel, député RPR sortant, a mis la même vigueur au service de ses convictions gaullistes.
Effort couronné de succès dès le premier tour.
Avec plus de 40 % des voix,  il écrase l’autre tenant de la majorité présidentielle, Michel Durey, UDF 11,  qui n’en obtient  que 13%.
Et il devance nettement les représentants de l’opposition. Ces derniers sont les mêmes qu’en 1973, et ils sortent de la confrontation dans le même ordre : Jacques Fournier, PS, 18,8 % des voix devant  Michel Duffour, PC, 15 %.
En vue du second tour, Jacques Baumel, dont le suppléant est le jeune Patrick Ollier, attaque sans ménagement son adversaire devenu candidat de l’union de la gauche, et ses mots les plus acérés sont comme un écho des philippiques que Jacques Chirac  fait entendre dans toute la France
“La situation est grave et vous avez à prendre une décision d’importance nationale (...) Voter pour un socialiste c‘est voter pour un complice des communistes, c’est faire courir à la France un danger mortel (...) Faillite de  centaines  de  milliers  d’entreprises (...)  Ruine  de millions de Français avec la chute du franc. Disparition des libertés essentielles (...) Sacrifice de classes entières telles que les cadres et les classes moyennes (...) Refusez ces changements-là! Ils condamnent la France à mort.”
De leur côté, Jacques Fournier et son second Jean Giroud, candidats de l’Union de la Gauche, s’adressent aux 60 % d’électeurs “qui, par leur vote du 12 mars, ont manifesté leur désir d’être représentés par un nouvel élu”. Compte tenu du contexte national, les électeurs de l’UDF sont particulièrement sollicités : “Vous, enfin, qui avez voté pour Michel Durey, parce que vous hésitez encore à apporter votre suffrage à un homme de gauche, je vous invite à réfléchir...”

Verdict des urnes :
M. Baumel   : 33 935 voix, 59,68 %
M. Fournier : 22 919 voix, 40,31 %
Jacques Baumel l’emporte avec 4,5 points de plus qu’en 1973, contre le même adversaire. C’est une superbe victoire.

Jacques Baumel a gagné
La majorité a gagné. Elle reste la majorité en France.
Elle obtient 50,4 % des voix, et 290 sièges à l’Assemblée, contre seulement 200 sièges à la gauche.
Mais c’est une amère victoire pour le RPR.
Jacques Chirac, qui a remporté une rude bataille, celle qu’il a livrée contre l’opposition, a été vaincu sur l’autre front, où il s’opposait aux troupes de Giscard.
Le RPR a recueilli 26,7 % des voix, ce qui lui vaut 153 sièges  (29 de moins que n’en avait l’UDR  dans la précédente assemblée) alors que l’UDF, avec 23,18 % des voix, obtient 137 sièges (24 de plus que n’en détenaient les RI et autres centristes.)
Ce n’est pas encore demain que dans la majorité la vie ressemblera à un long fleuve tranquille.

Objectif  l’Élysée

A l’Assemblée nationale, Jacques Baumel s’inscrit à nouveau au groupe du RPR
Il redevient aussi membre de la commission des affaires étrangères, et, à ce titre, intervient à la tribune dès le 18 mai pour présenter un rapport concernant la coopération militaire, en matière d’information et dans le domaine maritime entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République togolaise.
A Rueil, il suit, entre autres dossiers, celui qui concerne “l’Arsenal”, fermé par le ministère des Armées en 1958, et dont les activités ont été transférées à Roanne. Les vastes terrains libérés, situés sur le Plateau, au pied du Mont Valérien, ont été en partie vendus à la régie Renault, une première tranche en 1971, une seconde en 1975. La mairie a obtenu pour sa part un emplacement sur lequel  elle décide  de  construire  147 logements, et des locaux dans lesquels elle envisage d’aménager un Centre  aéré. 
Pour la réalisation de ce projet, le conseil municipal, lors de sa séance du 6 juin 1978, demande une subvention à la Caisse d’Allocations familiales.
Mais durant cette période qui suit les législatives, Jacques Baumel, si occupé qu’il  soit  par  ses fonctions, n’échappe pas à la politique politicienne.
Première affaire, celle du “perchoir”. Qui accédera à la présidence de l’Assemblée? Chaban-Delmas, que l’on a un peu oublié depuis son échec aux présidentielles, se porte candidat. Edgar Faure, président sortant, l’est aussi. Rue de Lille, au siège du RPR, l’agitation est grande. Bel embarras pour Chirac. Ses conseillers (Juillet, Pasqua) font valoir qu’Edgar Faure est (depuis peu de temps) membre du RPR. Chirac penche donc pour lui, mais pour finir, Chaban est élu, avec les voix des giscardiens et celles d’une quarantaine de députés gaullistes.
Que cela serve de leçon au président du parti!
La guérilla opposant Giscard et Chirac marque si fort le début de la législature que Jacques Baumel et quelques autres anciens secrétaires généraux du mouvement gaulliste adressent à leur chef une lettre de protestation 12 :
“Nous réprouvons la politique qui consiste à pourfendre quotidiennement le gouvernement et le Président, à proclamer leur insuffisance, à dénoncer leur carence, tout en votant régulièrement au Parlement  avec la majorité (...) Adapter nos votes à nos critiques signifierait rejeter les textes du gouvernement, voire voter la censure ou même la proposer. Nous avons pris acte de vos engagements, publics et répétés, de ne pas nous entraîner dans une telle aventure qui remettrait en cause notre victoire de 1978...

C’est alors que le malheureux Chirac est victime d’un accident de voiture, ce qu’il faut rappeler ici pour comprendre le nom d’un nouvel “appel” qu’il va lancer, l’Appel de Cochin (du nom de l’hôpital où il a été admis avec une jambe cassée).
“Il est des heures graves dans l’histoire d’un peuple”, déclare-t-il, oubliant ses blessures. Et, s’en prenant au “parti de l’étranger” qui met en péril la France, à quelques mois des élections européennes, il attaque avec véhémence Valéry Giscard d’Estaing et son gouvernement. “Non, s’écrie-t-il, non à la politique de la supranationalité, non à l’asservissement économique, non à l’effacement international de la France”. Et de conclure : “Avec gravité et résolution, je vous appelle dans un grand rassemblement de l’espérance, à un nouveau combat, celui pour la France de toujours dans l’Europe de demain”.
Une fois de plus, une crise secoue le RPR. Jacques Baumel est de ceux qui partageraient peut-être les idées de Chirac sur l’Europe mais qui sont en désaccord avec l’outrance de ses propos. De ceux qui jugent cet appel malvenu, maladroit, et qui ne se trompent pas.
Les conséquences en sont en effet désastreuses pour leur parti aux européennes du 10 juin 1979. La liste UDF, conduite par Simone Veil, obtient 27,55 % des suffrages et 25 sièges de députés européens, celle du PS (Mitterrand) 23,57% et 22 sièges, celle du PC (Marchais) 20,57% et 19 sièges, celle du RPR (Chirac) 16,25 % et 15 sièges.
Jamais les gaullistes n’ont fait un aussi mauvais score!
Le RPR est non seulement devancé par l’UDF de Giscard, mais il se retrouve en quatrième position, derrière les communistes. 13
Touché, Jacques Chirac se sépare de ses conseillers habituels, et, sur le conseil de Sanguinetti, se retire provisoirement en Corrèze... pour y préparer à l’intention de ses compagnons une nouvelle surprise.

En 1980, durant l’accalmie qui sépare la campagne des européennes de celle des présidentielles, Jacques Baumel se consacre à ses activités municipales, départementales et parlementaires. C’est ainsi qu’à Rueil, où le terrain à bâtir ne manque pas, il travaille sur des dossiers concernant la création et la réalisation de la Zone d’Aménagement Concerté des Closeaux. Il s’agit d’un projet portant sur 24 hectares : 9 hectares pour des habitations individuelles, le reste étant destiné à une zone de loisirs. Au Palais Bourbon, il intervient en avril dans une discussion portant sur la “notion soviétique de la coexistence“, en mai sur le “retrait des troupes françaises du Tchad”, en juin sur la “protection des animaux domestiques” (abandon d’animaux lors des départs en vacances, ), en décembre sur la “politique d’égalité de rémunération entre hommes et femmes”.
Mais la vie de son parti retient également son attention, cette même année  étant  jalonnée  d’événements qui vont entretenir une certaine fièvre au sein du RPR.
Rentré du Limousin, Jacques Chirac a remplacé Devaquet par Bernard Pons au poste de secrétaire général du RPR, il a renouvelé son entourage en faisant appel à de jeunes députés élus en 1978, et, par son attitude et ses premières déclarations, il a rassuré les caciques du parti.  Au mois de janvier, M. et Mme Chirac ont été reçus à déjeuner à l’Élysée par le Président et son épouse. Le 12 février, à l’occasion d’une conférence de presse, Jacques Chirac a usé d’un ton modéré pour critiquer la politique de Raymond Barre, impuissante à combattre le chômage et l’inflation.
Un calme trompeur, à guère plus d’un an des élections présidentielles. Dans l’opposition,  les  tractations vont bon train. Qui représentera la majorité?
Au mois de mars, à l’occasion des journées  parlementaires du RPR, le président du groupe, Claude Labbé déclare que Jacques Chirac serait, pour la France, le meilleur candidat à la fonction suprême. Mais alors, et Chaban? N’a-t-il pas toujours ses partisans? Toutefois, le plus véhément dans la protestation, c’est Michel Debré. A ce point que, trois jours plus tard, l’ancien Premier ministre du Général annonce que lui-même sera candidat. Belle confusion, que la candidature symbolique de Marie-France Garaud, la plus pompidolienne des néo-gaullistes ne viendra pas dissiper.
Dans les semaines qui suivent, Chaban et la plupart des gaullistes historiques se rangent derrière Michel Debré. Avec lui, ils témoigneront durant toute la campagne de leur fidélité au général. Mais suffit-il de témoigner? Debré a-t-il un avenir politique? Pour que leurs voix soient utiles, certains d'entre eux ne voteront-ils pas pour Giscard?
Jacques Chirac fait officiellement acte de candidature le 3 février 1981, mais il a déjà, à cette date, parcouru la France en tous sens, pour proposer à ses électeurs, au nom du gaullisme qu’il représente, une “troisième voie” entre “l’aventure de l’incertain et la certitude de l’aventure”. Il pratiquera une politique libérale, aussi  opposée  au “collectivisme rampant “de Giscard qu’au projet socialo-communiste de Marchais et de Mitterrand.. En vérité, ses attaques visent plus souvent le Président sortant que ses adversaires de gauche, et pour cette raison peut-être, le résultat qu’il obtient le 26 avril 1981, au premier tour de ces présidentielles, est fort décevant.
Avec 17,99 % des voix, Chirac n’arrive que troisième, loin derrière Giscard (28,31 %) et Mitterrand 25,84 %), devançant d’assez peu Marchais (15,34 %) 14
Entre les deux tours, Chirac déclare : “Chacun devra voter selon sa conscience.  A  titre personnel, dans la ligne de l’action que j’ai toujours menée en faveur d’un certain type de société, je ne puis que voter pour Valéry Giscard d’Estaing. La parole est maintenant au peuple français.”
Voyons, voyons... “Je ne puis que...”
Ne soutient-il Giscard que “du bout des lèvres”?  Le trahit-il?
Sur ces thèmes, les politologues s’en donnent à coeur joie.
“On sait aujourd’hui que 73 % de ceux qui avaient voté Chirac ont effectivement voté Giscard, que 11 % se sont abstenus et que 16 % ont voté Mitterrand. “
Moyennant quoi celui-ci est élu avec 52,22% des voix (en métropole) contre 47,78 % au sortant.
A Rueil, où le député-maire RPR s’est prononcé sans ambiguïté pour la majorité à laquelle il a toujours été fidèle, c’est Valéry Giscard d’Estaing qui l’emporte, avec 16 973 voix (50,03 %).
Mais François Mitterrand le serre de très près, avec 16 953 voix (49,97 %). 15

Voilà qui promet à Jacques Baumel de rudes batailles s’il veut garder sa commune, son canton, sa circonscription  aux prochaines élections.

Pour la suite ---> retour au début, voir colonne de droite, cliquer Baumel III - 3 

 

Notes : 

Chapitre  III - 2  (p.  155   à  176)

 1   Une loi de 1990 a supprimé ce mouvement triennal pour que le renouvellement des Conseils généraux et le renouvellement des Conseils régionaux  aient lieu à la même date, mais une loi de 1993 a rétabli le renouvellement triennal par moitié des Conseils régionaux .
 2   En 2004, par mois,  5 201,21 E (Parlementaire : 5205, 59 E )
 3   T.  Desjardins,  Pasqua... op. cité.
 4   Il rassemble 50,66%  des voix (en métropole).
       Résultats à Rueil-Malmaison . - 1er tour : Mitterrand 41,98%,
       Giscard  33,69%,  Chaban 15,8O% .- 2ème tour : Giscard 51,18%
5   T.  Desjardins, Un inconnu... op. cité.
6   Ibid.
7   La loi Veil autorisant l‘interruption volontaire de grossesse sera votée le 17 janvier 1975 et  modifiée 9 fois de cette date au 5 décembre 2000.  Scrutin public du 5/12/2000 sur l’ensemble du projet de loi relatif  à l’interruption volontaire  de grossesse et à la contraception :
      Nombre de votants : 554 . - Nombre de suffrages exprimés : 545
      Pour l’adoption : 323 . - Contre 222 ( dont Jacques Baumel).
8   La gauche recueille 53% des voix (dont 26,8% pour le PS) alors que l’UDR tombe à 10,7%, ne devançant plus guère les réformateurs (9,8%) et  les RI (8,5%°).
9   “Dès le premier tour, 32 villes de plus de 30 000 h. basculent de droite à  gauche, ce qui  représente un mouvement sans précédent depuis 1947 par son ampleur : 23 vont au PS  et 9 au PC (...) Trois villes passent de la gauche à la droite...”
      Deuxième tour : “Au total,  39 villes de plus de 30 000 h. basculent de droite à  gauche lors  de ce second tour,  27 vers le PS et 12 vers le PC, s’ajoutant aux  32 du premier tour (...)
      La  gauche domine désormais la France urbaine, et pas seulement dans les communes  de plus  de 30 000 h...”
      ( La  Documentation française )
10  Mouvement armé qui veut faire de l’ancien Sahara espagnol un État indépendant .
11  Union pour la démocratie française ( fédère le Parti Républicain, issu des RI, et  le Centre des démocrates ) .
12  Signataires : Jacques Baumel, Albin Chalandon, Roger Dusseaulx, Yves Guéna,  Alain  Peyrefitte, Robert Poujade,  Jacques Richard,  Alain Sanguineti, Louis Terrenoire.
 13  Résultats à Rueil-Malmaison : UDF 28,47 %,    PS 20,47 %,    RPR 18,89 %, PC 17,76 %  .
      Le PC ne devance pas le RPR : faible consolation pour M. le Maire.
14  Viennent ensuite : Lalonde (3,87 %), Laguiller (2,30 %), Crépeau (2,21 %), Debré (1,66 %), Garaud (1,33 %), Bouchardeau (1,10 %).
15  Résultats  du premier tour à Rueil-Malmaison :
      Giscard (24,89 %), Mitterrand (24,47 %), Chirac (21,88 %), Marchais (12,50 %) , Lalonde (5,34 %), Crépeau (2,95 %), Garaud (2,12 %),  Laguiller (2,12 %), Debré (2,08 %), Boucharde

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