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29.04.2008
BAUMEL II - ch. 6
6 - L’ascension
Sans plus tarder, autre succès
Fort de ces bons résultats, l’ex-sénateur redevenu député décide de poursuivre sur sa lancée. Les élections cantonales, qui auront lieu les 24 septembre et 1er octobre de la même année, dans les sept départements de la région parisienne, devraient lui permettre de s’implanter plus solidement dans son fief électoral.
Les péripéties de cette consultation, dans le canton qu’il choisit, le canton de Garches-Rueil-Malmaison Sud, ne manquent pas de piment.
Le 24 septembre, Jacques Baumel, qui réside toujours à Paris, 14 rue Marguerite, 17e, y affronte deux habitants de Rueil-Malmai-son, Renée Pacouret, PC, René Pasquet, FGDS.
Michel Duffour, PC, son adversaire des législatives, est candidat dans le canton de Rueil Nord, où il sera élu.
Dans son canton, le premier dimanche, Jacques Baumel arrive en tête avec 49,45% des voix contre 28,17% pour le candidat du PC et 22, 34% pour celui de la FGDS.
Score serré. Que va-t-il se passer le dimanche suivant?
Voici qu’apparaît Charles Ceccaldi-Raynaud.
“Désorientés par les résultats du premier tour, incapables de se mettre d’accord sur un des deux candidats de gauche du premier tour, les états-majors communistes et socialistes présentent un nouveau candidat qui est un inconnu complet dans notre région”, note le vainqueur provisoire. Mais la phrase suivante de sa profession de foi précise que “ce candidat socialiste, soutenu par les communistes, est un maire-adjoint de Puteaux “.
Puteaux, ville voisine de Garches et de Rueil : “l’inconnu complet” ne vient donc pas de bien loin!
En vérité, les partis de gauche ont pensé que, compte tenu de la configuration sociale du canton, un socialiste pourrait mieux qu’un communiste vaincre “le candidat du pouvoir personnel.”
Et, ne pouvant retenir René Pasquet, FGDS, arrivé loin derrière Renée Pacouret, PC, ils font appel à Charles Ceccaldi-Raynaud, “docteur en droit”, plus connu “dans la région” que feint de croire son adversaire puisqu’il est secrétaire général de la fédération socialiste des Hauts-de-Seine.
Afin “d’assurer l’échec du représentant inconditionnel du pouvoir solitaire”, Ceccaldi-Raynaud attaque vigoureusement la politique gaullienne et promet d’importantes réformes sociales, sans oublier toutefois de s’engager à “protéger le caractère résidentiel du canton”.
Pour “barrer la route au Front populaire socialo-communiste”, Baumel propose : “Priorité au logement. Défense du commerce et des classes moyennes. Pour de meilleurs transports. Pour une aide à la famille et à la femme. Pour la défense des sites de GARCHES et de RUEIL. Pour le soutien des personnes âgées.”
Programme assez peu original peut-être mais solide, inusable, et suffisant pour attirer vers les urnes 5% d’électeurs de plus qu’au premier tour.
Finalement, Jacques Baumel gagne avec 52,59% des suffrages. C’est une très belle victoire car la gauche, qui a beaucoup progressé dans les six nouveaux départements, occupe exactement la moitié des sièges dans les Hauts-de-Seine.
A l’Assemblée nationale
Jacques Baumel fait donc partie du Conseil général des Hauts-de-Seine. Il en sera bientôt vice-président.
Mais il est avant tout député. A l’Assemblée, qui a pris acte de son élection le 3 avril 1967, il s’est inscrit au groupe d’Union démocratique pour la Ve République.
Le 6 avril, il est nommé membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Le mois suivant, il donne sa démission de cette commission, lui préférant, en accord avec son groupe, celle des affaires étrangères.
Le deuxième semestre de cette année 1967 sera principalement occupé, nous l’avons vu, par la campagne pour les cantonales.
Le début de l’année 1968 est surtout marqué par une déception pour notre vainqueur des deux dernières consultations électorales. Et c’est au sein de son parti qu’il connaît ce désenchantement, que laissent deviner les biographes de Chaban-Delmas :
“ En présence de Georges Pompidou et de plusieurs membres du gouvernement, le comité central de l’Union des démocrates pour la Ve République (UDR) procède, le 18 janvier 1968, à l’élection de son nouveau secrétaire. La réunion est présidée par Jacques Chaban-Delmas. Robert Poujade, soutenu, voire imposé par Matignon, obtient 80 des 107 suffrages. Un militant à peine sorti de l’anonymat, âgé de 12 ans en 1940, succède ainsi à Jacques Baumel, compagnon de la Libération et ancien pionnier du Rassemblement. Quel symbole ! 1 “
Déçu, le député des Hauts-de-Seine n’en fait pas moins bonne figure à l’Assemblée, mais pour fort peu de temps, car la vie parlementaire va se trouver, au mois de mai, bouleversée par les événements que l’on sait. Le 13, ce sont 900 000 étudiants et travailleurs qui marchent ensemble de la République à Denfert...
Sautons, pour faire bref, à l’un des derniers événements de ce mois, le défilé sur les Champs-Elysées d’un million de gaullistes, qui désapprouvent la révolution gauchiste.
A qui revient l’initiative de cette grande manifestation?
“Qui a eu cette fameuse idée? s’interroge Thierry Desjardins. Foccart, Sanguinetti, Poujade, Tomasini, Frey, Krieg, Pasqua?”
Et d’ajouter :
“Foccart raconte : “Cela me gêne un peu de parler de moi, mais je dois cependant avouer que je suis à l’origine de cette fameuse manifestation ...”
Il a en effet obtenu l’aval de de Gaulle.
Quant à Jacques Baumel, il donne cette version des faits : “Nous nous sommes tous réunis chez moi, rue Marguerite. Il y avait là Foccart, Frey, Duvillard, Krieg et quelques autres et nous nous sommes dit qu’il fallait manifester. (Duvillard, ministre des Anciens combattants, se flatte de pouvoir rassembler 30 000 personnes...) C’est sûrement Duvillard qui nous a convaincus que la chose était jouable. Avec 30 000 anciens combattants garantis, notre manifestation n’était plus ridicule. Après, c’est vrai, Pasqua a joué un grand rôle.” Quoi qu’il en soit, cet énorme rassemblement aura bientôt son prolongement dans les élections législatives qui vont nécessairement suivre la révolution de mai.
Le 23 juin, en effet, Jacques Baumel se trouve confronté à cinq autres candidats dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine (Rueil-Malmaison, Garches, Saint-Cloud).
Au premier tour, il arrive largement en tête, avec 47% du corps électoral. Il ne lui manque pour être élu que quelques voix (1300 sur 42 993), une personnalité locale, le Dr Magnin, étiqueté Progrès et démocratie moderne, en ayant recueilli 6827, soit près de 16% des suffrages.
Au second tour, comme l’année précédente, Michel Duffour tente désespérément de lui barrer la route. Ce candidat du PC est un jeune instituteur de 28 ans. Il est, comme Jacques Baumel, Conseiller Général de Rueil. Avec 20,71% des voix, il a devancé nettement Charles Ceccaldi-Raynaud, FGDS, lequel n’en a recueilli que 8,05% .
“Voter Baumel, proclame Duffour, ce serait courir le risque d’une aggravation de la politique autoritaire du pouvoir personnel issu du coup de force du 13 Mai 1958 et mêler sa voix aux pires ennemis de la République que sont les assassins de l’OAS, récemment libérés. Ce serait permettre au gouvernement et au patronat de reprendre aux travailleurs les avantages qu’ils ont réussi à arracher dans le calme et la dignité...”
Quant à Baumel, il demande “l’union de tous les Français contre l’anarchie et l’aventure, contre le communisme, pour la liberté et la paix sociale.” Il souhaite “une majorité élargie”. “Je fais appel, dit-il, aux électrices et aux électeurs qui ont voté pour le Centre (pour le Dr Magnin), pour la Fédération (pour Ceccaldi-Raynaud, rien ne l’arrête) ou pour Technique et Démocratie (pour Y. Paugam, 1198 voix, 2,78% des suffrages, il ne faut rien négliger) mais qui ne veulent pas d’un succès communiste”
Le 30 juin, Jacques Baumel l’emporte nettement avec 23 181 voix (62,73%) contre 13 770 (37,27%) pour Michel Duffour.
Cette belle réussite est le reflet du triomphe que remportent les gaullistes dans toute la France.
L’UDR obtient la majorité absolue en enlevant 358 sièges sur 485. La FGDS perd 61 sièges, le PC 39, le PSU (Parti Socialiste Unifié) les 3 qu’il avait, et les Centristes d’opposition 15.
Pompidou, une fois encore premier animateur de la campagne électorale, a été le principal artisan de la victoire. Mais il en est mal récompensé : le 10 juillet, de Gaulle le remplace par Couve de Murville.
Un nouveau gouvernement est installé le 13 juillet.
Et dès le 25 juillet, on retrouve l’élu de la 8e circonscription des Hauts-de-Seine à la tribune de l’Assemblée.
Le député à son travail
Le débat porte sur l’éducation nationale.
“M. le président. La parole est à M. Baumel. (Applaudissements sur les bancs du groupe d’union des démocrates pour la République.)
M. Jacques Baumel. Monsieur le président, mes chers collègues, il n’est pas une famille aujourd’hui qui ne se préoccupe de la rentrée prochaine (...) (Les lieux universitaires et scolaires) n’ont pas à devenir un forum politique, encore moins le siège d’une démocratie populaire permanente. (Très bien! sur plusieurs bancs de l’union des démocrates pour la République.) “
L’orateur traite ensuite du rôle éminent que doivent jouer les parents d’élèves.
“M. le ministre de l’éducation nationale (Edgar Faure). Me permettez-vous de vous interrompre, monsieur Baumel?
M. Jacques Baumel. Je vous en prie, monsieur le ministre.
M. le président. La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale, avec l’autorisation de l’orateur.
M. le ministre de l’éducation nationale. L’une des raisons qui font que je suis très heureux de vous entendre, c’est que je partage entièrement votre point de vue. Vous insistez sur des points très importants (...) Je saisis l’occasion que votre courtoisie m’a offerte pour préciser qu’en aucun cas il n’y aura une heure de plus (aux programmes et horaires des classes).
M. Jacques Baumel. Je vous remercie, monsieur le ministre. Je souhaite même qu’il y ait une heure de moins.
M. le ministre de l’éducation nationale. Moi aussi.”
A la suite de cet échange, l’orateur rend hommage, sous les applaudissements des députés UDR, aux enseignants qui, “au milieu de ce fantastique déroulement de désordre et d’anarchie” (du mois de mai), “ont eu, il faut le souligner, le courage de faire passer leur devoir d’enseignant et leurs responsabilités professionnelles avant leurs options personnelles.”
Il aborde ensuite l’essentiel de son propos : “la loi-cadre que le Président de la République avait annoncée et sur laquelle vous (Edgar Faure) nous avez apporté des précisions passionnantes dans votre grand discours d’hier”
Il termine son intervention par cette exhortation :
“Après avoir parlé, monsieur le ministre, il vous faut agir et d’abord, permettez-moi de vous le dire, sur votre ministère, vos services, vos fonctionnaires. Il y a là, je crois, beaucoup à faire pour faire passer un souffle nouveau sur des administrations qui sont trop souvent restées dans le culte du passé au lieu d’examiner des possibilités nouvelles. Et hier, en vous écoutant, je songeais à ce que Catherine de Médicis avait dit à Henri III : “Bien taillé, mon fils. Maintenant, il faut recoudre!”
Après les dramatiques événements que nous avons connus, il vous faut, monsieur le ministre de l’éducation nationale, recoudre, c’est à dire reconstruire une Université moderne, digne de notre pays, digne de notre jeunesse qui ne peut pas être séparée de la nation car elle est la France de demain. (Applaudissements sur les bancs de l’union des démocrates pour la République.)”
Le 10 octobre, Baumel interpelle à nouveau le ministre sur “le problème des libertés et de l’information politique dans les établissements universitaires” et, se permettant “une légère digression”, demande “un débat sur les réformes des enseignements primaire et secondaire.”
Le 7 novembre, c’est à M. Michel Debré qu’il s’adresse, pour lui demander de dissiper “trois zones d’ombre dans le tableau si réconfortant et prometteur de notre présence dans le monde” que le ministre des affaires étrangères a brossé. Il s’agit “ de nos émissions radiophoniques vers l’étranger”, “du livre français dans le monde” et “de nos exportations.” (...)
“L’effort de l’État est considérable” lui répond le représentant du gouvernement.
Le 4 décembre, Jacques Baumel traite d’un sujet qui lui tient particulièrement à cœur, un thème cher aux gaullistes de stricte obédience : la participation.
Le débat porte sur un projet de loi relatif à l’exercice du droit syndical dans les entreprises.
“M. le président. La parole est à M. Baumel.
(Applaudissements sur les bancs de l’union des démocrates pour la République.)
M. Jacques Baumel. Monsieur le président, monsieur le ministre d’État (chargé des Affaires sociales, Maurice Schumann), mes chers collègues, en présentant ce projet de loi, le Gouvernement tient d’abord ses promesses (...) Il apporte également une preuve de volonté sociale ... qui est la volonté même du gaullisme. Nous n’avons pas à rougir de l’œuvre sociale accomplie depuis quelques années par la Ve République (...)”
“ On propose, poursuit l’orateur, que les syndicats professionnels... voient leurs sections syndicales d’entreprise bénéficier d’avantages et de droits permettant l’exercice de l’activité syndicale. Nous y sommes favorables.
Mais nous demandons que ces droits et avantages soient étendus à toutes les organisations syndicales reconnues représentatives dans l’entreprise, y compris aux groupements autonomes d’entreprise, non affiliés à un syndicat ou à une union de syndicats extérieurs à l’entreprise (...)”
Combien d’encre ces “groupements autonomes” ne vont-ils pas faire couler! Puis, après avoir rappelé qu’il a déposé un amendement, et exprimé “ sa confiance dans les travailleurs de France et dans une politique d’association qui facilitera, nous l’espérons, la mutation nécessaire du syndicalisme français ”, l’orateur conclut en ces termes :
“Pour toutes ces raisons et dans l’attente de ce grand acte national que devra être la participation, nous voterons ce projet de loi, projet d’espoir, de renouveau, de justice et de paix sociale. (Applaudissements.) ”
Ce même jour, les députés approuveront ce projet par 438 voix contre
Quelques jours plus tard, le 11 décembre, Jacques Baumel prononce à nouveau un grand discours, à l’occasion d’un débat qui sera lourd de conséquences.
La veille, Jeannerey, ministre d’État sans portefeuille, a annoncé que la réforme des régions et du Sénat, voulue par de Gaulle, aurait lieu par la voie du référendum.
Le député de la 8e circonscription des Hauts-de-Seine donne des preuves de sa parfaite connaissance du fonctionnement des cadres administratifs de la région parisienne, mais aussi de la France profonde, celle des communes de trois cents à cinq cents habitants, et il expose avec brio à quelles conditions on ne réveillera pas “le régionalisme désuet qu’évoquent les libéraux du XIXe siècle, tel Proudhon, ou le provincialisme de Barrès, de Maurras, de Mistral.”
“Il doit s’agir, précise-t-il, d’une réforme placée volontairement, par le général de Gaulle lui-même, sous le signe de la participation, car tel doit être l’esprit qui animera la réforme en conduisant nos compatriotes vers un meilleur exercice de leurs responsabilités civiques et économiques... Il s’agit d’une réforme capitale."
Mais l’orateur, oubliant qu’avant d’être député il a été membre de la Haute Assemblée, ne dit mot du second point du projet, le Sénat.
Un point sur lequel le représentant de l’opposition qui a la parole après Jacques Baumel va se montrer prolixe.
Il s’agit de M. Louis Longequeue, FGDS.
“Les intentions du Gouvernement, dit-il, si elles sont maintenant claires, ne paraissent pas pures. Pourquoi n’a-t-il pas eu la franchise d’étendre d’emblée la consultation à la réforme du Sénat, alors qu’il vient, dans sa déclaration, de lier les deux problèmes?
J’ai l’impression - et ne suis pas le seul - que sous prétexte de donner une plus grande consistance aux régions, en passionnant l’opinion publique par ce problème important, le Gouvernement cherche à promouvoir, par le biais, une réforme qui porterait atteinte de façon anticonstitutionnelle à l’organisation des pouvoirs publics.”
Le débat prend une tournure telle que le Gouvernement refuse qu’il soit sanctionné par un vote de l’Assemblée.
Le lendemain, lorsque Jeannerey présente le projet au Sénat un vif incident éclate entre lui et Monnerville.
La suite est bien connue, et ce n’est pas ici le lieu d’analyser toutes les causes du départ de Charles de Gaulle. Rappelons seulement que, le 2 février 1969, le Général annonce à Quimper que le référendum auquel il tient sera organisé au printemps.
Le 27 avril, les Français rejettent le projet de régionalisation et de réforme du Sénat par 11 945 149 non ( 53, 71% des suffrages exprimés) contre 10 512 469 oui (46, 78% des suffrages exprimés).
Le 28 avril, à 0 heure 11, l’agence France-Presse publie un communiqué en provenance de Colombey-les-Deux-Églises :
“Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi. Charles de Gaulle.”
L’après - de Gaulle
Conformément à la Constitution, Alain Poher, président du Sénat, assure l’intérim, qui va durer cinquante-trois jours.
Le président de l’Assemblée Nationale, Chaban-Delmas, invite à sa table, à l’hôtel de Lassay, Georges Pompidou et quelques-uns des principaux barons du gaullisme : Debré, Guichard, Frey et Foccard.
Il s’agit de choisir un candidat aux élections présidentielles.
“L’unanimité se fit sans peine, raconte Chaban. Nous nous mîmes à la disposition de Georges Pompidou qui devint dans l’instant et notre chef de file et notre candidat. Pour aucun de nous l’intérêt national ne laissait place à des calculs personnels 2.”
A la suite de ce déjeuner, cette belle unanimité sera moins facile à étendre à toute la classe politique susceptible de porter Pompidou au pouvoir. Dans les couloirs du Palais-Bourbon, Jacques Baumel, fort de son passé de secrétaire général du Rassemblement, d’autres gaullistes historiques et des membres de l’UDR plus jeunes discutent et se concertent. Capitant, jugeant que Pompidou est un homme de droite, veut se présenter contre lui ; il a ses partisans. Debré, Guichard, fidèles parmi les fidèles, ont les leurs. Quant à Giscard d’Estaing, chef des Républicains Indépendants, il demande à réfléchir. Il balancera jusqu’au 22 mai avant d’annoncer officiellement son soutien.
Mais dès le 30 avril, de Gaulle adresse à son ancien premier ministre une réponse au message que celui-ci lui a fait parvenir avant de commencer sa campagne.
“J’approuve votre candidature,” dit le Général, qui ajoute : “ Sans doute eût-il mieux valu que vous ne l’ayez pas annoncée plusieurs semaines à l’avance, ce qui a fait perdre certaines voix au “oui”, vous en fera perdre quelques-unes à vous-même et, surtout, pourra vous gêner un peu dans votre personnage, si vous êtes élu. ”
Ce mouvement de rancœur vise certaines déclarations dénuées d’ambiguïté de Pompidou, ce qui n’empêche pas le président démissionnaire de conclure sans émettre la moindre réserve :
“Mais, dans les circonstances présentes, il est archinaturel et tout à fait indiqué que vous vous présentiez. J’espère donc vivement votre succès et je pense que vous l’obtiendrez.”
Le Connétable s’est prononcé, silence dans les rangs de l’UDR, Pompidou peut lancer sa campagne, sur le thème du “changement dans la continuité”.
Le 1er juin, au premier tour, il obtient 44,47% des voix (plus que de Gaulle en 1965) devant ses principaux concurrents Alain Poher 23,31%, Jacques Duclos, PC, 21,27%, Defferre 5,01%. 3
Au second tour, le 15 juin, il est élu avec 58, 21% des voix.
Il lui faut maintenant nommer un premier ministre et constituer avec lui un gouvernement.
Si son choix était totalement libre, ou s’il n’écoutait que ses conseillers les plus proches, Pierre Juillet et Marie-France Garaud, il prendrait Jacques Chirac, qui a fait partie de son cinquième cabinet de mai 1968, à titre de secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances, et que Couve de Murville a maintenu dans ses fonctions.
Mais Chirac est trop jeune et il n’a jamais été inscrit ni à l’UNR ni à l’UDR. Alors qui? Debré, qui a fait ses preuves auprès du Général ? Guichard, que soutiennent Pierre Juillet et Marie-France Garaud ? Ces intégristes du gaullisme seraient alors aux côtés du président pour servir “la continuité” mais celui-ci ne pourrait guère compter sur eux pour “le changement.”
En vérité, le deuxième président élu au suffrage universel ne marque aucune hésitation pour choisir son premier ministre.
“ Le lundi 16 juin, Jacques Chaban-Delmas est convoqué au bureau de Georges Pompidou, au numéro 8 du boulevard Latour-Maubourg : “Je présume que vous savez pourquoi je vous ai fait venir. Il n’y a pas d’autre solution. Je pense que vous acceptez.”
Et le président de l’Assemblée nationale acquiesce sans se faire prier 4 .”
Chaban, glorieux général à vingt-neuf ans, est un gaulliste historique, un ancien du RPF, mais un gaulliste de centre-gauche. Son influence est grande au Parlement, où il a occupé le “perchoir” depuis 1958. Il est vraiment l’homme dont Pompidou a besoin, celui qui peut le mieux accompagner sa politique d’ouverture.
Il va sans plus tarder donner des preuves de son savoir-faire, en formant son “équipe de France”, expression qu’il emploie pour désigner son gouvernement.
Une marche plus haut
D’abord, il fait la part belle à ses compagnons de l’UDR, mais il lui faut aussi satisfaire Giscard, et Duhamel, et Pleven, et Fontanet qui ont demandé à leurs électeurs de préférer Pompidou au brave Poher. Tout cela ne va pas sans mouvements d’humeur et grommellements. Les gaullistes ne céderont pas sans rechigner un grand ministère à ce chef des indépendants, Giscard d’Estaing, qui a osé marchander son soutien au Général, il y a plus de deux ans déjà, avec son célèbre : “Oui, mais...” et qui a voté “Non” au référendum... Ou a René Pleven, ex-adversaire de Jacques Baumel à l’UDSR, ex-président de ce groupe, ex-ministre de la IVe République. Ou à ces politiciens que sont Duhamel et Fontanet, qui ont plus ou moins flirté avec la Fédération de Defferre et Mitterrand.
Six jours durant, Chaban consulte Pompidou avant de faire connaître enfin, le dimanche 22 juin, la composition de son gouvernement.
Il compte 39 ministres, contre 31 dans celui de Couve de Murville. L’habile architecture de ce cabinet est aussi remarquable que le nombre de ses membres. 5 Le nombre des secrétaires d’État n’est pas moins étonnant : ils sont vingt, pas un de moins.
L’un d’eux, Jacques Chirac, épaulera, à l’Économie et aux Finances le ministre Valéry Giscard d’Estaing, - un rapprochement prémonitoire.
Quatre de ces secrétaires d’État se détachent du lot, car ils sont secrétaires d’État auprès du Premier Ministre.
L’un de ces quatre est un gaulliste historique, c’est le député UDR de la 8e circonscription des Hauts-de-Seine, c’est Jacques Baumel.
Ce 22 juin 1969, il gravit un nouveau degré de la hiérarchie politique.
La Nouvelle Société
En prenant Jacques Baumel dans son “Équipe de France”, Jacques Chaban-Delmas l’associe à son rêve de “Nouvelle Société”.
Dès le 25 juin, le Premier ministre présente à l’Assemblée nationale quelques grandes lignes de son projet. Ce même jour, dans son message au Parlement, le Président de la République met en exergue “la nécessité d’assurer à la fois le bon fonctionnement des pouvoirs publics, l’accession à la véritable puissance économique et la participation de toutes les classes sociales non seulement à l’effort mais aux produits de ces efforts”.
Le discours de Jacques Chaban-Delmas va dans le même sens, mais les analystes perçoivent déjà, dans sa volonté d’aller “vite et loin”, l’expression d’une certaine indépendance vis-à-vis du “chef suprême de l’exécutif”, inhabituelle chez un Premier ministre de la Ve République.
Dans les jours qui suivent, l’hôte de Matignon fait entrer dans son cabinet Simon Nora, mendésiste notoire, ainsi que Jacques Delors, chrétien de gauche et militant syndical. Aussitôt, le “couple infernal” (Pierre Juillet, Marie-France Garaud), qui veille aux côtés du Président, s’enflamme, voyant en Chaban “l’homme qui amène le socialisme en France”. Les membres du bureau exécutif de l’UDR exigent des explications, et le 3 juillet, lors de la réunion du comité central de ce parti, quelques députés, dont Jacques Vendroux, beau-frère de Charles de Gaulle, annoncent la création d’une amicale parlementaire, “Présence et action du gaullisme”, destinée à sauvegarder l’œuvre constitutionnelle du Général.
Est-ce à dire que Jacques Baumel éprouve quelque malaise dans ce gouvernement qui crée dès l’origine tant de remous ? Rien n’est moins sûr, car les relations du Premier ministre avec l’UDR ne sont pas mauvaises mais ”contrastées” 6. En effet, les “barons”, qui n’ont plus à militer pour le retour ou le maintien du Général, sont pour Chaban, l’un des leurs, contre Pompidou. Ils sont comme lui réticents lorsqu’il doit accepter, dans le courant de l’été, une dévaluation de 12,5% voulue par Georges Pompidou, alors qu’il avait déclaré, dans son discours à l’Assemblée, que “toute manipulation monétaire risquerait d’être inutile ou dangereuse”.
Toutefois, les vacances d’été font oublier ces divergences naissantes et un événement extraordinaire vient les éclipser : le 21 juillet, Armstrong marche sur la lune.
Il faut attendre la rentrée pour que, le 16 septembre, Jacques Chaban-Delmas prononce, à la tribune de l’Assemblée, son célèbre “discours sur la Nouvelle Société”.
Son intervention commence par un diagnostic, celui d’une société bloquée, ce qui n’est guère aimable pour les gouvernements qui ont précédé le sien. “ Nous ne parvenons pas à accomplir des réformes autrement qu’en faisant semblant de faire des révolutions. La société française n’est pas encore parvenue à évoluer autrement que par crises majeures. Comme Tocqueville (le père du libéralisme politique, que Baumel cite aussi volontiers) l’a montré, il existe un rapport profond entre l’omnipotence de l’État et la faiblesse de la vie collective dans notre pays. (...) J’ai la conviction que nous entrons dans une époque nouvelle où de grands changements sont possibles (...) J’ai la volonté d’entreprendre ces grands changements .”
Parmi les réformes qu’il préconise figurent la libéralisation de l’information à la télévision, l’autonomie des collectivités locales, des universités, des entreprises nationalisées (SNCF, EDF, GDF), la participation des cadres au capital de leur entreprise, une revalorisation de la condition ouvrière (mensualisation, réduction du temps de travail) et bon nombres d’autres mesures sociales.
Cette nouvelle société sera “prospère, jeune, généreuse et libérée”.
Pour finir, le premier ministre engage la responsabilité de son gouvernemen
L’UDR, en dépit des moues dubitatives de quelques-uns de ses membres, lui accorde sa confiance. Au nom de l’opposition, le porte-parole de la FGDS, François Mitterrand, déclare : “La politique que vous condamnez aujourd’hui, c’est celle que vous avez toujours approuvée; la société que vous critiquez, c’est la vôtre! En vous regardant, je ne doute pas de votre sincérité, mais en regardant votre majorité, je doute de votre réussite.”
Cette critique peu mordante est suivie d’un vote très favorable au Premier ministre, qui obtient 369 voix contre 85.
Il en faudrait davantage pour enlever l’approbation sans réserve de Georges Pompidou. A son conseiller Pierre Juillet, il confie : “La Nouvelle Société de Chaban, c’est de la poudre aux yeux pour épater la gauche parisienne”, et à Alain Peyrefitte : “C’est un fantasme d’adolescent”. Toutefois, ces objections visent la tonalité du discours plus que le fond. Le projet du Premier ministre ne reprend-il pas en effet la plupart des promesses électorales du Président. Les décisions qui vont suivre (signature d’un contrat de progrès avec les syndicats de l’EDF-GDF, création d’un actionnariat ouvrier aux usines Renault, transformation du SMIG en SMIC 7, mensualisation des salaires) sont autant de signes du “changement dans la continuité”.
S’agit-il d’urbanisation? Pompidou est à l’origine des directives qui ont permis, au cours des dernières années, l’aménagement des villes nouvelles dans la région parisienne. Chaban prolongera cet effort, mais il veut aller “plus vite et plus loin” : il rasera tous les bidonvilles, dans lesquels vivent encore plus d’un million de personnes.
Dans chaque département, le conseil général cède à l’élan que le gouvernement impulse. Dans les Hauts-de-Seine, Jacques Baumel est de ceux qui travaillent le plus activement à la suppression de ces baraquements et de ces taudis qui dénaturent la banlieue, en particulier du côté de Nanterre. Dans toutes les délibérations qui traitent des affaires des Hauts-de-Seine (administration du patrimoine, gestion des charges et des ressources), notre secrétaire d’État auprès du Premier ministre s’efforce de prouver que, sans rien négliger de ce qu’il doit au gouvernement, il peut être compétent et efficace dans son département.
Cette démarche aura sa récompense. A la suite des élections cantonales, qui ont lieu au mois de mars 1970, Jacques Baumel devient président du conseil général.
A ces mêmes élections, Charles Pasqua, UDR lui aussi, mais hostile à la Nouvelle Société, est élu conseiller général du canton de Levallois-Perret sud.
Que pense Jacques Baumel de l’entrée de Pasqua dans l’assemblée dont il prend la tête? Chacun le sait à l’UDR, Pasqua, ce fidèle du Général, “se permet de récuser certains gaullistes, même s’ils sont compagnons de la Libération. (...) Il n’hésite pas à donner des leçons de gaullisme aux ”historiques” et à les combattre s’ils “dévient”. 8
Méfiance donc... Mais à chaque jour suffit sa peine. Notre secrétaire d’État, heureux de la nouvelle charge qui vient de lui être confiée, est trop occupé par ses activités gouvernementales pour prendre ombrage de la proximité de ce partenaire un peu particulier.
D’une élection à l’autre
Jacques Chaban-Delmas, qui s’efforce de poursuivre la mise en œuvre de son ambitieux projet, se heurte à bien des difficultés. La dévaluation ayant entraîné une restriction du crédit, les petits commerçants s’agitent; Gérard Nicoud lance ses bataillons à l’assaut des grandes surfaces, et parfois même de quelques bâtiments publics. En Bretagne, ce sont les paysans qui manifestent durement, et, dans les universités, on assiste au réveil des nostalgiques du mois de mai 1968. Cette effervescence entraîne des dégâts. Chaban déclare que les “casseurs seront les payeurs”. L’opposition combat avec vigueur la “loi anticasseurs” que le gouvernement prépare, et qui sera votée par les députés, le 30 avril 1970, par 386 voix contre 94 (et 11 abstentions) 9 mais ne mettra pas un terme au malaise social.
Dans son propre camp, le Premier ministre ne trouve pas le réconfort qu’il souhaite. Au conseil national de l’UDR, le 26 juin, à Versailles, il est froidement accueilli. Les discours font apparaître des divergences entre lui et Robert Poujade, le secrétaire général que Pompidou a mis, deux ans plus tôt, à la tête du parti, à la place de Jacques Baumel. Aussi les journaux parlent-ils de plus en plus de dissensions entre le président de la République et le chef de son gouvernement. Le 2 juillet 1970, à l’occasion d’une conférence de presse, Georges Pompidou affirme qu’il n’y a pas de “crise” entre lui et Jacques Chaban-Delmas, mais il se refuse à déclarer qu’il approuve sans réserve la mise en œuvre de la Nouvelle Société. Les analystes politiques ont encore de beaux jours devant eux pour décortiquer le conservatisme du Chef de l’État opposé au réformisme du Premier ministre.
Au cours du second semestre, l’assainissement de la situation économique évitant de nouveaux désordres, l’harmonie semble régner à la tête de l’État. Hélas, au mois de janvier 1971, les décès de deux ministres, Edmond MIchelet et Raymond Mondon, entraînent un remaniement du gouvernement. Et les adversaires de Chaban vont tout faire pour pousser leurs pions.
Le jeune Jacques Chirac, le protégé de Pierre Juillet, le poulain favori du Président, que les gaullistes historiques n‘aiment guère, est promu ministre, et pas à n’importe quel poste!... Il devient ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement. Ces fonctions, fort importantes et délicates, étaient remplies dans le précédent gouvernement par un pur gaulliste, Roger Frey, lequel se retrouve chargé des Réformes administratives, mais honoré du titre de ministre d’État afin qu’il accepte sans trop rechigner sa relégation.
Ce n’est pas tout, Jacques Chaban-Delmas (et Jacques Baumel) ont d’autres couleuvres à avaler.
Robert Poujade, devenu en 1968 secrétaire général de l’UDR dans les conditions que l’on sait ( soutenu par Pompidou, ce qui lui avait permis de souffler sa place à Baumel), entre au gouvernement comme ministre chargé de la protection de la Nature et de l’environnement.
Un mini-remaniement le mois suivant ne rétablit qu’en apparence l’équilibre : Pierre Messmer entre au gouvernement comme ministre d’État chargé des DOM-TOM. Certes Pierre Messmer est un gaulliste, mais si farouchement fidèle au Général qu’il se range parmi les adversaires déclarés de la Nouvelle Société.
Autre conséquence fâcheuse de ces mouvements pour Chaban et son équipe : le remplacement, à la tête de l’UDR, de Poujade par Tomasini, homme lige du Président, poussé par Pierre Juillet et Marie-France Garaud.
A peine le nouveau secrétaire général est-il nommé qu’un incident éclate. Pour battre en brèche le libéralisme du Premier ministre, Tomasini s’en prend d’abord “à la lâcheté des magistrats qui libèrent les casseurs”, puis il accuse la chaîne de télévision de Desgraupes, un ami de Chaban, d’être “domestiquée par les ennemis de la liberté”.
La presse tout entière fait ses choux gras des propos de Toto (c’est ainsi que le surnomment ses amis). Chaban demande réparation. Le Président est trop fin, trop lettré, pour soutenir le gaffeur, mais il hésite. Chirac intervient et obtient le pardon du maladroit qui s’en tire en déclarant publiquement que dans le feu de “l’improvisation” sa parole a dépassé sa pensée.
Toutefois, ce début de l’année 1971 sera surtout marqué par les élections municipales.
Le Premier ministre donne l’exemple. Au mois de septembre 1970, à l’occasion d’une élection législative partielle, il a été attaqué dans sa bonne ville de Bordeaux par l’impétueux JJSS (Jean-Jacques-Servan -Schreiber), élu au mois de juin de la même année, lors d’une élection partielle, député de Nancy. Mais Bordeaux est fidèle à Chaban, bien qu’il ne lui consacre guère que ses fins de semaine. Bordeaux a repoussé l’intrus. Et c’est plein de confiance que le premier ministre va solliciter à nouveau les suffrages des Bordelais, sans crainte de la gauche, qui constitue contre lui une liste unique d’union.
A l’image de leur chef, 36 membres du gouvernement vont affronter les électeurs.
La règle de la prime aux sortants sera respectée dans l’ensemble, et, si l’opposition grignote quelques villes, aucun bouleversement n’est à noter, la physionomie du pays ne change guère, la majorité reste la majorité.
Parmi les ministres et les secrétaires d’État qui ont été candidats, 28 sont élus ou réélus.
L’un d’eux, Jacques Baumel, a figuré en tête d’une Liste d’Union et de Progrès Social, à Rueil-Malmaison.
Sur cette liste, son nom était suivi de ses titres : “ Président du Conseil général - Secrétaire d’État auprès du Premier Ministre - Compagnon de la libération. “
Le 21 mars, Jacques Baumel ajoute un fleuron à sa couronne, il prend la ville.
Il en sera le Maire.
Au printemps de l’année 1971, âgé de 53 ans, il est à l’apogée de sa carrière.
Notes :
Chapitre II - 6 (p. 119 à 134)
1 Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Paris, Seuil, 1991
(Chaban était le nom de Jacques Delmas dans la Résistance)
2 Jacques Chaban-Delmas, L’ardeur, Paris, Stock, 1975
3 Défaite sévère pour le socialiste .- Mitterrand ayant renoncé aux fonctions de président de la Fédération de la gauche le 7 novembre 1968 n’était pas candidat.
4 P. et J-P Chastenet, Chaban... op. cité.
5 Viennent en tête trois ministres d’État : Michel Debré à la Défense Nationale, Edmond Michelet aux Affaires culturelles, Roger Frey aux relations avec le parlement. Ensuite, parmi les titulaires des cinq plus grands ministères, figurent René Pleven, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Valéry Giscard d’Estaing, Économie et Finances.
Pour l’UDR , on trouve aux Affaires étrangères, Maurice Schumann, aussi pur gaulliste que fervent Européen et Olivier Guichard à l’Éducation nationale.
Raymond Marcellin, Indépendant mais ardent pompidolien, conserve l’Intérieur. Deux ministres, André Bettencourt et Henry Rey, l’un chargé du Plan et de l’Aménagement du Territoire, l’autre des Départements et Territoires d’Outre-mer, sont “délégués auprès du Premier ministre”.
Parmi les huit autres ministres, on note Jacques Duhamel, casé à ’Agriculture et Joseph Fontanet au Travail, Emploi et Population.
6 J. Chaban-Delmas, L’ardeur... op. cité.
7 SMIG : Salaire minimum garanti.
SMIC : Salaire minimum interprofessionnel de croissance.
8 T. Desjardins, Pasqua... op. cité.
9 Elle sera abrogée en 1981.
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