29.07.2011
NOS PHOTOGRAPHES
dont l'élément principal est la
Compagnon de la Libération
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Extrait de :
LA VICTOIRE DE MARIANNE
À
RUEIL-MALMAISON
par G.SONCARRIEU
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page 35
NOS PHOTOGRAPHES
Non loin de Rueil 2000, dans la zone d'aménagement concerté des Closeaux, les noms des rues rendent hommage, avec un bel éclectisme, à une dizaine d'artistes, de David à Vlaminck. Nous sommes là, à quelques pas de la Seine, en regard de l'Ile des Impressionnistes et de l'Ile de la Grenouillère, et pour cette raison sans doute, Renoir et Sisley figurent parmi les peintres choisis, mais la plus importante de ces voies, la première créée, la plus longue, celle qui relie le boulevard Marcel Pourtout au boulevard Franklin Roosevelt, porte le nom de Nadar. Pourquoi ?
Un article du BULLETIN HISTORIQUE DE RUEIL-MALMAISON (NUMÉRO 1, MAI 1974) donne la réponse à cette question . Il s'intitule UN HABITANT DE RUEIL IGNORÉ, expose que le photographe Nadar a habité au numéro 200 de l'avenue Paul-Doumer et conclut :
"Pour terminer, une suggestion destinée aux autorités municipales. Dans le nouveau quartier des Closeaux qui va sortir de terre, il y aura des rues nouvelles à baptiser. Pourquoi ne pas donner à l'une d'elles le nom de Nadar et aux autres celui des peintres qu'il a aidés?"
Suggestion retenue (CM du 28 janvier 1975), étendue à un passage (passage Nadar) et à une maison de retraite (maison de retraite Nadar).
Un homme de multiples talents
Lorsqu'il loue, en 1874, ses anciens salons aux Impressionnistes, Félix Tournachon (le vrai nom de Nadar) a déjà derrière lui une longue et prestigieuse carrière. Il en commence une autre au lendemain de la guerre. « Complètement ruinés après les deux sièges de Paris, écrit-il dans ses mémoires, nous avons quitté en 1871 le boulevard des Capucines pour venir louer rue d'Anjou les anciens communs de l'hôtel de Vauvineux ». Réussira-t-il à rebâtir un palais de la photographie comparable à celui qu'il avait créé? Suivons Roger Greaves, son biographe , à travers ce somptueux édifice, du riche vestibule du rez-de-chaussée jusqu'aux salons du premier étage.
« Le grand salon était meublé notamment d'un immense guéridon de Boulle, de grandes chaises sculptées ayant coûté six cents francs pièce, de cadres Louis XIII. Le petit salon contenait des vitrines bourrées de bibelots. Un couloir capitonné de cuir orné d'acier, et tapissé de portraits-charges exécutés par Nadar, menait à un escalier chinois par lequel on montait à l'atelier. Le côté gauche était composé de glaces donnant sur le boulevard. Le toit-plafond, également en verre, était muni d'un système de stores ombrants et filtrants. Une nappe d'eau y courait qui, par une issue, entrait dans l'atelier et tombait sur un rocher où elle formait des cascades qui en été rafraîchissaient l'atmosphère. En hiver les eaux s'arrêtaient et l'air chaud circulait, amené par un calorifère de la hauteur d'un homme, couvert de faïences anciennes, de bronzes et d'émaux. Le côté droit de l'atelier, rempli de fleurs, d'objets d'art et de tableaux, était recouvert de tapisseries des Gobelins ». A l'extérieur, « la signature de Nadar courait en devise sur toute la façade et, la nuit, s'éclairait par incandescence au gaz ».
Cette superbe bâtisse, ouverte en 1861, témoigne d'une réussite et d'un renom que Nadar doit aux célèbres portraits qu'il a tirés dans son premier atelier de la rue Saint-Lazare.

Charles Baudelaire par Félix Nadar

Sarah Bernhardt par Félix Nadar

Victor Hugo par Félix Nadar

Nadar (autoportrait)
Sa grande lithographie, le Panthéon Nadar, qui rassemble trois cents personnages illustres de son siècle, date de 1854.
Le Panthéon Nadar

Détail

Dessins préparatoires
pour ce "Panthéon" :

Hector Berlioz

Gustave Courbet

Eugène Labiche

Charles Baudelaire

Alphonse Karr
Mais ce fécond caricaturiste, ce remarquable photographe ne se contente pas de saisir et de fixer pour la postérité les visages de ses contemporains. Il tente des expériences avec des piles Bunsen, et, le 4 février 1861, il dépose un brevet pour la photographie à la lumière artificielle ; cette invention lui permettra de mener à bien un reportage sur les égouts et les catacombes de Paris. Quelques années plus tôt, en 1858, « enlevé sous un ballon », il a réalisé « un cliché de l'avenue du Bois de Boulogne, avec l'amorce de l'Arc de Triomphe » : c'était la première photo aérienne du monde.

Nadar dans la nacelle d'un ballon
Nadar garde de cet exploit le goût des ascensions. Devenu aérostier, il organise des voyages, à grand renfort de publicité, mais avec plus ou moins de bonheur. Le 4 octobre 1863, son ballon, au nom évocateur de Géant, emporte treize passagers, qui atterrissent piteusement à Meaux. Quinze jours plus tard, il prend sa revanche, en entraînant ses compagnons de vol jusqu'au Hanovre. En 1867, à l'occasion de l'exposition universelle, le Géant s'élèvera trois fois de l'esplanade des Invalides. De ces expériences, Nadar tire des connaissances qu'il mettra au service de son pays en participant au lancer des ballons pendant le siège de 1870. Au demeurant, les services qu'il rend alors ne se limitent pas à ce seul domaine. Professionnel féru de techniques nouvelles, il collabore également à la mise au point de « ce cliché micrographique d'un poids presque nul » qui permettra « d'envoyer des dépêches par oiseau ».
Aérostier hardi, maître photographe, artiste avant tout, mais aussi artisan, chercheur, technicien et toujours brillant publicitaire, quel homme étonnant !
En vérité, nous n'avons vu que quelques facettes de son talent.
Né en 1820, lorsqu'il aborde la photographie, vers 1853, il est depuis longtemps écrivain, journaliste et caricaturiste. Il a débuté à l'âge de dix-huit ans, comme critique d'art, à la Revue et Gazette des Théâtres, et ses premiers articles ont été consacrés à un jeune auteur, Eugène Labiche, dont
il est devenu l'ami. Peu après, on le connaît dans toute la capitale, mais peut-être pas uniquement en raison de la qualité de sa plume. A vingt ans, il a organisé une grande Fête champêtre, au programme alléchant, qui devait dérouler ses fastes au 88 rue Montmartre, où le jeune homme disposait... d'une petite chambre d'hôtel. « II avait invité un grand nombre de célébrités et notamment tout Paris, se souviendra Théodore de Banville... mais il serait superflu de dire que (la soirée ) eut lieu surtout dans l'escalier de l'hôtel et sur le trottoir de la rue Montmartre ». Toutefois, ni ces facéties, ni les liens qu'il noue avec les poètes, les artistes, avec Henri Murger dont il partage « la vie de bohème », ni les activités qui lui valent une réputation de don Juan ne l'éloignent d'un journalisme engagé, militant.
En 1842, il entre au Commerce, un quotidien résolument de gauche, ce qui lui vaut d'être surveillé par la police royale et catalogué comme «républicain forcené ». L'année suivante, il publie un roman, La Robe de Déjanire, dont le héros est socialiste. En 1848, plus révolutionnaire que ses compatriotes qui ont renversé la monarchie, il s'engage dans une expédition destinée à libérer la Pologne ; l'aventure tournera court, mais elle n'en est pas moins significative. « En politique il professait les opinions les plus anarchistes », dira de lui l'un de ses employeurs, Alphonse Karr, le fondateur du Journal (républicain modéré). Un jugement plus équitable le situerait peut-être davantage du côté du Comité démocratique et socialiste auquel appartenait Ledru-Rollin.
Quoi qu'il en soit, rien ne serait plus injuste que de se représenter Nadar sous les traits d'un sombre politicard. Que dit Karr, après l'avoir hâtivement classé ? — « excellent garçon du reste, spirituel, honnête et très dévoué à ses amis ». Cinquante ans plus tard, dans la préface à Quand j'étais photographe , Léon Daudet renchérit ; « Aimer la vie, c'est le don des poètes, le don suprême, et Nadar l'eut comme personne. Ses amis, ils furent et ils sont innombrables, car de ce bon géant la sympathie émane telle que d'un bloc ardent qui jamais ne se refroidirait ; ses camarades, du plus petit au plus grand, admirent le don perpétuel qu'il fait de soi-même par le geste, la parole, l'enthousiasme ».
Ajoutons à cela que cet homme, pétri de qualités et de talents si l'on en croit ses contemporains, opposant sous la Monarchie de Juillet, puis sous le Second Empire, appartient bien à l'histoire de la III' République, car il est aussi remarquable par sa longévité.
Grâce à l'aide d'Ernestine, sa femme depuis 1854, le nouvel établissement qu'il crée après la guerre, rue d'Anjou, connaît le succès, même si son frère et son fils lui causent quelques soucis.
Fidèle à ses principes, il collabore au Radical en 1877, et il fustige de la belle manière le duc de Broglie, qui représente à ses yeux « l'aristocratie, c'est-à-dire la dépravation primitive, le privilège passé et futur, le haut parasitisme, la mendicité empanachée, l'arrogance envers les humbles, la bassesse envers les puissants, l'impertinence et l'impudence, l'inutile et le nuisible ».
A l'âge de 70 ans, il cède son affaire à son fils et se retire à Marseille, où il ne tarde pas à ouvrir un studio, car l'inactivité lui pèse. En 1900, il note dans ses mémoires qu'il reste « le doyen des photographes professionnels français, sans que ses quatre-vingts ans présents l'empêchent d'être chaque matin le premier levé à ses ateliers ».
Il mourra en 1910, à l'âge de 90 ans.
Que! personnage, quelle carrière ! Des compatriotes de moindre envergure ont donné leur nom à nos rues et à nos places. Toutefois, si une artère de Rueil s'appelle Nadar, c'est parce que la tradition veut que le célèbre photographe ait vécu dans notre commune . Or rien n'est moins sûr. Il est difficile d'établir de manière irréfutable qu'un homme n'a pas habité dans telle ou telle ville, surtout s'agissant de quelqu'un que son « instabilité native » a poussé à changer dix fois de logement entre 1849 et 1853, comme le note Roger Greaves, qui s'est efforcé de répertorier toutes ses adresses. A-t-il un jour demandé à son ami Eugène Labiche de l'héberger dans la maison peinte par Manet ? Qui sait? Mais comme la maison qu'on lui attribue , avenue Paul Doumer, n° 200, n'a jamais été la sienne, il ne semble pas que Nadar ait ajouté à tous ses mérites celui d'être vraiment un Rueillois.
Un propriétaire éphémère
Elle est belle cette maison de l'avenue Paul-Doumer.


200 avenue Paul-Doumer
Elle a ce charme des témoins du siècle dernier, qui jalonnent encore, de loin en loin, la large voie appelée autrefois avenue de Paris. Elle évoque l'évolution de notre ville, (...) Mais à la différence de la plupart des autres constructions de cette époque, cette maison possède, côté rue, une façade rehaussée de sculptures, — quatre médaillons, parmi lesquels on reconnaît Daguerre et Niepce. Ainsi, depuis plus d'un siècle, une maison de Rueil, qui n'a pas appartenu à Nadar, rend hommage à l'art de la photographie. Comment cela est-il possible ?
Remontons assez loin dans le temps pour donner une réponse complète (Avec nos remerciements aux propriétaires actuels qui nous ont permis de consulter leurs documents).
M. et Mme Jacobs se sont mariés à la mairie du V arrondissement de Paris en 1818. En 1847, on les retrouve à Rueil, où ils achètent deux petites pièces de terre à M. Edeline, une autre à M. Lavoipierre, qu'ils rassemblent pour constituer un lot de 421 m2. Sur ce terrain, desservi par l'avenue de Paris, ils font construire une maison, qui portera le numéro 100 (et par la suite 122, 148, puis 200). Il s'agit là d'un placement d'argent. En 1862, ces mêmes personnes sont domiciliées à Rueil, rue de l'Empereur (Jean Le Coz), Impasse des Amazones, alors que leur propriété de l'avenue de Paris « est tenue en location par Mme Veuve Piron à raison d'un loyer de 550 francs ». Ils ont fait une bonne affaire, le revenu est convenable, mais cette année-là, ils vont réaliser une transaction plus profitable encore. Ils vendent 14 000 francs la maison qu'ils louaient. Par-devant Me Tellier, (notaire), l'acheteur, Eugène Disdéri, verse 2 000 francs comptant. Malheureusement, dans les mois qui suivent, il s'acquitte mal de ses dettes, et pour cette raison, la maison est vendue aux enchères en 1865, pour la somme de 9 000 francs. Fait étrange, le nouveau propriétaire, M. Collet-Corbinière, ne parvient pas non plus à payer ce qu'il doit ; l'année suivante, la maison est adjugée sur folle enchère à MM. Edmond et Henri Lemonnier, banquiers à Brest, pour 8 500 francs. Elle sera revendue normalement en 1870, 9000 francs, en 1887, 11 000 francs, en 1889, 12000 francs, et nous arrivons aux propriétaires actuels sans que le nom de Nadar intervienne dans aucun des actes que nous avons pu consulter.
Donc, Nadar, non.
Mais Disdéri ne le vaut-il pas ?
N'était-il pas lui aussi photographe, inventeur et même écrivain ?
« Dans certaines histoires de la photographie, Disdéri souffre encore de la comparaison un peu injuste entre son œuvre et celle de son contemporain et concurrent, le célèbre portraitiste Nadar. On lui reproche en effet d'avoir abaissé la pratique du portrait photographique au rang d'une fructueuse opération commerciale et d'avoir ainsi galvaudé l'esthétique du genre. Une telle interprétation est trop réductrice. Aujourd'hui, la révision de l'œuvre de Disdéri s'impose en vertu de nouveaux critères d'appréciation». (Encyclopaedia Universalis).

Eugène Disdéri, autoportrait
Sensiblement du même âge, Nadar et Disdéri sont devenus presque en même temps célèbres à Paris, pour la qualité de leurs portraits, mais alors que le premier, journaliste-écrivain, était un talentueux débutant, le second venait de Brest où il avait tenu déjà un atelier. Fort de son avance, c'est Dis-
déri qui est parvenu le premier à monter, au 8 boulevard des Italiens, un établissement très luxueux, dont on louait « les sièges capitonnés, les tapis moelleux, les lustres de cristal, les vitrines de bibelots, les porcelaines, les meubles d'époque ».
Les salons de Nadar, que nous avons entr'aperçus boulevard des Capucines, constituaient une réplique à cette concurrence.
Disdéri doit son succès et son aisance à une invention pour laquelle il a déposé un brevet en 1854 : la « carte de visite ».
Il s'agit d'un procédé qui lui permet d'obtenir à bon compte, avec une seule pose, plusieurs portraits de format réduit. « II faut reconnaître, dira Nadar, que nombre de ces petites images, improvisées avec une rapidité prestigieuse devant le défilé sans fin de la clientèle, ne manquaient ni d'un certain goût n de charme ».

Giuseppe Verdi par Disdéri
au format carte-de-visite.
Le modèle, saisi en pied le plus souvent, pose dans des attitudes variées. « Disdéri, dit encore son grand rival, venait de créer une mode qui allait engouer d'un coup le monde entier », ce que confirme et précise le dictionnaire Lachâtre (1881) :
"Carte-portrait, Carte sur laquelle se trouve le portrait photographié de la personne et qui est remis (sic) au même titre que les cartes de visite ».
La bourgeoisie afflue chez le portraitiste du boulevard des Italiens, avec d'autant plus d'empressement que le Brestois peut se flatter d'être le Photographe de S.M. l'Empereur, ce qui ne peut qu'aviver la compétition qui l'oppose au « républicain forcené » du boulevard des Capucines.

Le prince impérial Louis Napoléon
par Disdéri en 1864
En 1861, lorsque Disdéri achète la propriété des Jacobs, il est au sommet de la gloire, à la tête d'une grosse fortune, qui lui permet d'ouvrir la même année, à Saint-Cloud, un second studio réservé à la photo équestre.
A quel usage destinait-il sa maison de Rueil ? Voulait-il une résidence à la campagne, sans atelier, en rapport avec son rang social ? Et comment se fait-il qu'il n'ait pas respecté un échéancier raisonnable, prévoyant des versements de 3 000 francs le 15 décembre 1861, 3000 francs le 15 décembre
1862, et « les derniers 6 000 F le 15 décembre suivant avec les intérêts à 5 % à compter du 1"' octobre 1861 » ?
En 1865, quand son bien de Rueil lui échappe, sur intervention du tribunal civil, il installe une succursale à Londres. Ce comportement laisse présager l'issue de ses activités commerciales. Il a payé très cher, sans doute trop cher, cette maison de l'avenue de Paris, si l'on en juge par le prix auquel elle sera adjugée dans toutes les ventes postérieures. Il s'est lancé dans des
investissements inconsidérés, alors qu'il ne s'acquittait pas de dettes modestes. Trop ambitieux, mauvais gestionnaire, il n'a pu empêcher que ses affaires périclitent. En 1868, confronté à des difficultés inextricables, la mode des cartes-portraits étant passée, il continue de se battre : il inaugure une annexe à sa succursale de Londres, réservée à la photo équestre. La guerre met un terme à cette intense activité. A l'aube de la IIIe République, désabusé, ruiné, il se retire à Nice où il ouvre un nouvel atelier qui ne lui permettra pas de bâtir une seconde fortune. II meurt à l'hôpital Sainte-Anne de Paris, presque oublié, en 1889, à l'âge de 70 ans, vingt et un
ans avant son inusable concurrent.
Cependant, les déboires du financier ne sauraient faire oublier les qualités de l'inventeur et de l'artiste. Ses « petites images improvisées » de messieurs en jaquette à col de satin et chapeau haut-de-forme, de dames en crinoline, bonnet et mantille, font revivre à nos yeux la bourgeoisie active et joyeuse du Second Empire. Pour autant, son art ne se réduit pas à la «carte de visite ». Ses portraits de Napoléon III, d'Adolphe Thiers, de Sarah Bernhardt, pour ne citer que ceux- là, sont justement célèbres.

Napoléon III et Eugénie par Disdéri.

Madame Sarah Bernhardt
en 8 poses par Disdéri (1866)

Adolphe Thiers, par Disdéri.
Ses catalogues sont pleins des noms des personnalités qu'il a photographiées : la famille impériale, la famille de S.M. l'Empereur, et des Ministres, des Maréchaux, des Amiraux, français et étrangers, des Prélats, des Sénateurs, des artistes en tous genres, d'innombrables « sommités ». Mais loin des lustres de cristal qui illuminent ses salons, dans un tout autre registre, celui de la guerre, par exemple, il sait encore s'exprimer. Ses Cadavres d'insurgés sont émouvants.

Cadavres de communards (1870)
Ses Ruines de Paris après la Commune (Rue de Lille, Rue Royale, Théâtre de la porte Saint-Martin, etc.) ou ses Ruines du Château de Saint-Cloud valent de longs reportages écrits.
I

II

I - II La colonne Vendôme renversée (1870)
La remarque vaudrait autant pour Le Port de Brest, La rade de Brest. Pour mémoire citons encore quelques autres de ses recherches, comme la gravure photographique, ou dans un genre très différent, les « cartes mosaïques », qui présentent aussi bien Les jambes des danseuses de l'Opéra que Les personnages d'Alceste ou Les portraits de l'épiscopat.
Par ailleurs, non content d'être un excellent praticien, Disdéri a publié, en 1862, un ouvrage intitulé L'Art de la photographie ; il y consacre quelques pages aux rapports entre cet art nouveau et la peinture ; ses réflexions, replacées dans leur contexte historique, ne sont pas dénuées d'intérêt. L'ouvrage a été traduit en 1864 et, sous le titre de Universal Textbook of Photography, vendu en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.
Disdéri a été un grand photographe, qui mérite une place dans toute histoire de la photographie. Il n'empêche que son œuvre a été éclipsée par celle de Nadar, et plus encore peut-être son personnage par celui du « bon géant » protéiforme qui a été son rival.
A Rueil, la maison de l'avenue Paul Doumer, c'est bien Disdéri qui l'a possédée, peu de temps il est vrai, assez toutefois pour en orner la façade à la gloire de l'art naissant qu'il servait. Mais c'est son concurrent qui s'est glissé à sa place dans la mémoire des Rueillois, — une farce posthume qui reste dans le style du talentueux, du truculent, de l'inénarrable Félix Tournachon, dit Nadar, citoyen d'honneur de notre ville.
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01.03.2011
RUEIL-MALMAISON LES CANTONALES
Si vous n'êtes pas intéressé par l'actualité, voyez le programme (colonne ci-contre)
Les élections cantonales (canton nord)
Extraits de la biographie de :
Compagnon de la Libération"
(Ces élections) concernent le canton Nord, qui "regroupe deux tiers de la population de Rueil sur environ la moitié du territoire de la commune."
Le conseiller sortant, Marcel Noutary, ne se représentant pas, Jean-Claude Caron et André Gros, l'un et l'autre maires-adjoints, se déclarent, longtemps à l'avance, candidats à sa succession.
André Gros, 7e adjoint chargé du "Développement économique", Président du PR de Rueil, Directeur de la publication Rueil-Réalité (PR-UDF) souhaite remplacer son "ami Noutary" qui appartient à l'UDF. Dans ce but, il est prêt à combattre ce qu'il considère comme l'hégémonie du RPR.
Jean-Claude Caron, "non-inscrit", met en avant ses qualités de gestionnaire. "J'ai l'impression, dit-il au Courrier des Hauts-de-Seine du 17 octobre 1991, que ce qui compte le plus pour les gens, plus que les investitures et les décisions des comités fédéraux, c'est de savoir qui est capable, qui pourra défendre un dossier. D'autant que les enjeux sont fabuleux : pensez que Marcel Noutary et Jacques Gautier ( conseiller général RPR du canton Sud) ont, en l'espace de trois ans, tiré 100 millions de subventions."
En vérité, quel autre "non-inscrit" aurait autant de chances que lui de remporter cette élection ?
De fait, le comité RPR de la 7e circonscription de Rueil, Garches et Saint-Cloud, dont Francine Roussel est la secrétaire générale, a décidé de ne pas présenter de candidat RPR sur le canton de Rueil Nord "mais d'apporter un soutien officiel et actif à Jean- Claude Caron." Une décision qui satisfait pleinement le sortant, qui a lui-même demandé à ce "non-inscrit" de lui succéder.
Marcel Noutary n'en reste pas moins attaché à l'UDF, mais, dit-il, "on ne peut décemment, à partir du moment où je me retire, proclamer urbi et orbi que ce siège appartient de droit à l'UDF . D'autres formations m'ont d'ailleurs toujours soutenu".
La tension augmente lorsque Thierry Saussez, 6e adjoint, en charge de "la Communication et l'Avenir (jeunesse, informations, concertation, nouvelles technologies)" se porte également candidat. Il espère obtenir, au plus haut niveau, à Paris, l'investiture du RPR. Avec l'accord de Jacques Baumel, il organise à Rueil un grand débat portant sur la formation, auquel participe Edouard Balladur. Mais la section locale du RPR fait tout ce qu'elle peut pour que la visite de l'ancien ministre des finances, membre éminent du mouvement gaulliste, soit un fiasco. Thierry Saussez s'en indigne! Malheureusement pour lui, les difficultés qu'il rencontre peu après, dans un procès concernant une affaire financière, l'obligent à baisser le ton, puis à se retirer.
"Je n'alimenterai ni la polémique ni la désunion, fait-il savoir dans sa publication Rueil A Venir. C'est de rassemblement dont Rueil a besoin."
Restent deux postulants qui ne l'entendent pas de cette oreille.
" Comme maire de la ville, déclare Jacques Baumel dès le mois de janvier, je regrette cette situation (...) En ma qualité de leader incontesté de l'union depuis bien des années à Rueil, estimant à leur valeur ces adjoints qui sont aussi des amis loyaux, je ne m'abaisserai pas à de vaines polémiques (...) Je porte en grande estime les deux candidats mais je ne peux cacher mon opinion personnelle... Tout bien pesé et après mûre réflexion, je pense que Jean-Claude Caron, qui a été un excellent secrétaire général de la ville, qui est responsable de notre budget (...) sera le meilleur défenseur de notre ville au département . "
Fin de l'agitation ?
Non, tant s'en faut!
André Cros proteste avec véhémence, disant que la candidature de Jean-Claude Caron, non-inscrit, "n'est plus apolitique", et "se réservant le droit d'en tirer les conséquences ultérieurement".
Mais la vague qui porte son adversaire ne cesse de se renforcer. Charles Pasqua, président du Conseil général, vient en personne à Rueil pour le soutenir. Le député-maire de Serre- Chevalier, dans les Hautes-Alpes, fait même le déplacement pour lui apporter son appui. (Il s'agit, on le devine, de Patrick Ollier, ancien maire-adjoint et "dauphin" de Jacques Baumel", qui a gardé un pied à terre à Rueil.)
Le 22 mars, au premier tour, Jean-Claude Caron arrive largement en tête avec 42,29% des voix, devant Denis Plain (Verts) 14,64%. André Cros vient après. (voir note 8)
Pour le second tour, Denis Plain, seul en lice face à Jean-Claude Caron, mène une belle bataille.
Candidat des Associations, il attribue à son adversaire la responsabilité de toutes les opérations immobilières qu'il critique.
"Des actes pas des ZAC", c'est son slogan. Il condamne aussi "l'hyperhégémonie du RPR sur Rueil", et promet de secouer "les béni-oui-oui" du Conseil général s'il est élu.
Le 29 mars, Denis Plain recueille 39,75% des voix.
Jean-Claude Caron est confortablement élu avec 60,25% des suffrages.
Quant au souvenir des querelles, il ne s'inscrit que dans le nombre des abstentions (nombre de votants au premier tour : 69,9%, au deuxième : 57,99%).
Jacques Baumel peut se féliciter de ces résultats, car non seulement "son" candidat l'emporte, mais entre les deux tours, André Cros rentre dans le rang et déclare : "J'indique bien évidemment que je voterai Jean-Claude Caron (...) Je me mets (...) dès maintenant à sa disposition pour participer activement à sa campagne."
207
III - 7, page 276
Résultats du scrutin du 21 mars : Jean-Claude Caron (élu au premier tour) 55,1%, Bertrand Rocheron (PS) 27,4%, Jeanine Naert (FN) 8,3%, Marc Becquey (PC) 3,8%, François Mauguen 2,7%, Patrick Indjian (MRC) 2,6% .
voir programme.
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23.10.2010
TOURGUENIEV
Bienvenue sur ce site .
Vous y trouverez :
- RUEIL-MALMAISON
"Les grandes heures de
Rueil-Malmaison" (extraits)
- JACQUES BAUMEL
Biographie
Voir ci-contre, "Notes récentes",
colonne de droite
* * * * *
Le sculpteur Pierre Tourgueniev
A RUEIL-MALMISON
du 18 septembre au 23 octobre 2010
au Centre culturel dit
"La maison du Père Joseph"
exposition
"Le sculpteur Pierre Tourgueniev à Rueil-Malmaison"
Pierre Tourgueneff
(1853-1912)
Note dans "l'album de l'exposition" : la terminaison en eff comme gravée par Pierre sur ses sculptures n'est plus d'usage depuis la translittération du cyrillique en caractères latins." Aujourd'hui : Tourgueniev (et parfois Tourguéniev).
Quelques-unes de ses œuvres : L'archer, bronze
(110 x 55 x 24 cm)
(20 x 10 x 6 cm)
La fille d'Ève, bronze
(42 x 15 x 14 cm)
Le pastour, bronze
(statue équestre)
(240 x 55 x 155 cm)
Grand prix de la section russe
à l'Exosition Universelle de1900.
Pierre Tourgueneff réussit aussi bien les petits bronzes que les grands formats (chevaux grandeur nature).
Très belle exposition.
* * * * *
Yvan TOURGUENIEV
Nicolas TOURGUENIEV
Pierre TOURGUENIEV
Complément d'information
Une partie du plan de Rueil-Malmaison Le château de Vert-Bois pages 19 - 23 La passion qu'il éprouvait pour Pauline Viardot, sœur de la Malibran, elle-même cantatrice de grande renommée, son indéfectible amitié pour son mari, le mystère de cet étrange ménage à trois défrayaient alors la chronique, sans pour autant éloigner d'eux maints personnages illustres. Maupassant, Fauré, Saint-Saëns pour ne citer que ceux-là, fréquenteront Les Frênes. Par ailleurs, l'auteur des Récits d'un chasseur, dont chaque ouvrage nouveau paraissait simultanément en français et en russe, correspondait avec la princesse Mathilde, avec Flaubert ; sa notoriété était considérable. A n'en pas douter, le Tourgueniev le plus connu, à cette époque comme de nos jours, c'est Ivan. Cet important personnage, né à Simbirsk en 1789, éduqué à Moscou, a visité Paris dès 1811, au temps de la splendeur napoléonienne, avant d'amorcer une brillante carrière d'homme politique. D'abord commissaire de l'intendance russe en France en 1815, puis conseiller d'Etat, il entreprend, à partir de 1819, de combattre le servage en Russie. Sa vie bascule en 1825, à la mort de l'empereur Alexandre ler. Décembriste, c'est-à-dire membre de la conjuration qui s'organise à Saint- Pétersbourg pour écarter du trône Nicolas ler, il échoue, doit renoncer à son rêve de régime constitutionnel, et s'enfuir. Commence alors un interminable exil, qui le conduit d'abord en Angleterre, puis en Suisse, où il épouse à Genève, en 1833, Clara, fille du baron Viaris, officier sous l'Empire. Peu après, le couple s'installe à Paris. L'ex-conseiller d'Etat, devenu historien, continue de se battre en France pour les idées qui lui sont chères. Il fait paraître, en 1847, un important ouvrage intitulé La Russie et les Russes. D'autres titres traduisent plus précisément la nature de ses préoccupations : La question de l'émancipation et la question de l'administration des paysans (1859), Un dernier mot sur l'émancipation des serfs, (1860). En 1861, le nouvel empereur, Alexandre II, abolit enfin le servage, et à Paris, à l'occasion d'une messe d'action de grâce, Nicolas Tourgueniev et Ivan Tourgueniev pleurent ensemble de joie. Deux ans plus tard, ils se retrouvent pour célébrer l'anniversaire de la réforme qui a libéré l'immense masse rurale de leurs compatriotes. Vert-Bois aujourd'hui.
(par Gérard Soncarrieu in La victoire de Marianne à Rueil-Malmaison,1992.)
Parmi les constructions qui ont marqué le développement de la ville du côté de Bougival, il convient de noter la belle propriété de Nicolas Tourgueniev.
Cet habitant de notre commune, où il est mort à l'aube de la Troisième République, le 10 novembre 1871, était « un des Russes les plus remarquables et, ajoutons-le sans crainte, un des plus nobles », si l'on en croit Ivan Tourgueniev. C'était « un homme, dit encore le célèbre écrivain, auquel nous étions uni par un sentiment de profonde et cordiale estime plus que par les liens d'une parenté éloignée »
Vaguement cousins, mais parfaitement homonymes, les deux exilés, qui se connaissaient de longue date, auraient presque pu devenir voisins, car Ivan viendra s'installer, en 1874, chez ses amis Viardot, dans un domaine nommé Les Frênes, à la sortie de Rueil, à Bougival. Il se fera construire là, à une cinquantaine de mètres de la villa de ses hôtes, cette datcha entourée de verdure qui est aujourd'hui le Musée Tourgueniev (16, rue Ivan Tourgueneff, voir plan : Bougival, rue Tourgueneff).
Ivan Tourgueniev
(1818 - 1883)
Mais revenons à Nicolas, notre Tourgueniev de Rueil.
Nicolas Tourgueniev
(1789 - 1871)
père de Pierre
(Ils auront cinq enfants : 1835, Alexandrine, dite Fanny; 1845, Albert ; 1847, Catherine, morte à la naissance; 1853, Pierre; 1858, Anna Maria, morte en 1860.- En 1858, Nicolas est âgé de 69 ans, Clara de 43 ans))
Toutefois, en terre d'exil, le décembriste épris d'histoire, moraliste et polémiste, ne consacre pas tout son temps à la littérature. « Propriétaire » avisé, « rentier » soucieux de bons placements, il rivalise avec les riches bourgeois du Second Empire. En 1857, puis en 1859, Alexandre II lui ayant restitué « ses titres et insignes de noblesse », il voyage en Russie et s'occupe du patrimoine dont il a hérité. Mais il revient toujours à Paris, où il possède un superbe hôtel, et à Rueil, au château de Vertbois, qui est son œuvre.
C'est en 1856 que Nicolas Tourgueniev a acheté aux héritiers Sanier, les trois enfants d'un négociant décédé à Montpellier, une « propriété sise à la Jonchère lieudit les Montmilliers commune de Rueil route de Saint-Germain connue sous la dénomination du Petit Parc des Arbres Verts ou Vertbois ». Fait également partie de la transaction « une glacière (avec terrain autour d'une contenance de 478 m2) située... en face de la première grille du domaine de la Jonchère », ce qui n'a rien d'étonnant puisque l'ancien propriétaire de ce domaine, Eugène de Beauharnais, possédait également la terre que vient d'acquérir l'exilé. Notons en passant qu'au cours des quarante années qui ont suivi la vente faite par le prince, cinq personnes se sont succédé à Vertbois sans s'y fixer, à savoir : M. Tébaud, en 1817, M. Gorge, en 1837, M. de Beaupré en 1840, M. de Mazenod, en 1848, et M. Sanier, en 1854.
Nicolas Tourgueniev a déboursé 77 303,85 francs, ce qui est une somme fort respectable, pour obtenir une demeure modeste et un terrain d'une superficie de 1 ha 41 a 64 ça.
Mais, comme le précise « l'inventaire après décès » auquel nous devons toutes les indications que nous donnons ici, il « a fait presque entièrement reconstruire l'habitation (...) et ces travaux ont occasionné une dépense d'environ 60 000 francs, dans lesquels les honoraires d'architecte figurent pour 3 400 francs environ ».
Le résultat mérite le nom de château : au rez-de-chaussée, vestibule, salle à manger, fumoir, petit salon, grand salon ; au premier étage, 3 chambres à coucher, 2 cabinets de toilette, un cabinet de travail ; au deuxième étage, une chambre de travail, 3 chambres de domestiques. Dans les communs : cave, cuisine, 6 chambres de domestiques au-dessus de la cuisine, office, écurie, remise. Le mobilier de cet ensemble sera évalué à 24 677 francs.
Les efforts patients, constants, que déploie Nicolas Tourguéniev pour agrandir ses terres sont à la mesure de ceux qu'il a fournis pour améliorer les bâtiments. Tout au long des 15 années durant lesquelles il est le châtelain de Vertbois, il guette la vente de la moindre parcelle et ce n'est pas moins de « 56 pièces de terre ou vigne » qu'il acquiert « aux termes de 43 contrats ou procès-verbaux d'adjudication », ce qui représente une contenance totale de 1 ha 99 a 90 ca ayant coûté 26 503 francs. « Le tout indépendamment de 52 pièces de terre et vigne incorporées aussi à la propriété », mais dont l'acquisition a été faite par Albert, son fils aîné, « aux termes de 30 contrats ou procès-verbaux d'adjudication », soit au total 2 ha 14 a 17 ça, pour 37 772,20 francs. Toutes ces transactions, portant sur 108 parcelles, ont multiplié par quatre la superficie de la propriété, la portant à 5 ha 55 a 72 ça. En 1870, à l'âge de 81 ans, Nicolas Tourgueniev travaille encore à l'aménagement de son bien, et procède avec la municipalité de Rueil (CM du 2 juin) à un échange de terrains, qui conduit la commune à redessiner le chemin des Gallicourts (aujourd'hui rue du Commandant Jacquot).
Le 29 octobre 1871, Nicolas Tourgueniev « s'est éteint doucement, selon l'article nécrologique de son ami Ivan, presque subitement, sans maladie préalable. Deux jours plus tôt, malgré ses 82 ans, il avait encore fait une promenade à cheval ». Une heure avant sa mort, dans sa chambre du château de Vertbois, « il lisait le tome III des Confins de la Russie, de M. Samarine ».
Par testament, il lègue à sa « chère femme (...) tout ce dont il (lui) est possible de disposer en sa faveur conformément à l'article 1 094 du Code Napoléon », c'est-à-dire une part importante de sa grosse fortune, qu'elle va partager consciencieusement avec ses enfants. L'inventaire, commencé le 20 décembre 1871 se poursuit jusqu'au 29 janvier 1872 ; il décrit, outre le château de Vertbois, l'hôtel parisien de la rue de Lille, n° 97, « comprenant un corps de bâtiment ayant 37,15 m de façade et un petit corps de bâtiment, jardin et cour... », acheté 259 065 francs en 1856, et contenant un mobilier estimé à 25 569 francs ; il évoque aussi des « Valeurs mobilières, Actions et Obligations », mais sans les coter ; « quant aux biens situés en Russie, les parties déclarent qu'elles n'en ont en leur possession aucun titre, ces titres se trouvant en Russie ».
Enfin, nous n'aurions garde d'oublier le codicille du testament, en application duquel Mme Tourgueniev consacre « 1 500 francs à trois dons de 500 francs chacun, faits au bureau de bienfaisance de Rueil, aux pauvres de Bougival et au bureau de bienfaisance du 7ème arrondissement de Paris».
Nul doute que ces sommes auront été utilement employées, au moment où la capitale et sa banlieue relevaient les ruines laissées par le siège des Allemands et la Commune.
La construction que l'on voit en montant la côte de la Jonchère n'est pas celle de Nicolas Tourgueniev . Pierre a fait reconstruire le château de son père en 1903.
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